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Déficit, croissance : la journée de vérité pour François Hollande

Le chef de l'Etat va devoir convaincre Bruxelles des efforts de la France

Le chef de l'Etat va devoir convaincre Bruxelles des efforts de la France - -

La Commission européenne va présenter officiellement ses prévisions économiques ce vendredi 22 février. Elle devrait annoncer de mauvais chiffres pour la France, qui vont obliger François Hollande et son gouvernement à préciser les efforts de rigueur pour les mois à venir.

C'est ce vendredi 22 février qu'Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques, va présenter les prévisions 2013 et 2014 de Bruxelles pour les 27 pays de l'Union. Pour la France, l'annonce ne devrait pas être très favorable : une croissance quasi-nulle cette année et un déficit largement au dessus des 3% prévus, à 3,6 ou 3,7% en raison de la stagnation du PIB.

Une satisfaction au moins pour François Hollande et son gouvernement : Bruxelles ne devrait pas engager de procédure de sanction à l'encontre de la France pour non respect des objectifs. Olli Rehn n'adressera qu'un "avis politique" à la France. Elle ne sera d'ailleurs pas la seule à être pointée du doigt pour "déficit excessif". Une petite satisfaction en somme.

Nouvelle prévision de croissance française fin mars

Mais la publication des prévisions de Bruxelles va ouvrir en France une nouvelle séquence politique et économique. Sur le fond, la Commission va inciter fortement Paris à prendre des engagements clairs en matière de réduction des dépenses publiques, au delà en tout cas de ce qui a été fait jusque là par le gouvernement Ayrault.

Dans les faits, le gouvernement va demander dans quelques jours au nouveau Haut conseil des finances publiques qui va être installé le 1er mars, de se prononcer sur l'ajustement des prévisions économiques pour 2013 sur la base de celles de Bruxelles. Car désormais, le gouvernement -ou plus exactement Bercy- n'est plus habilité seul à déterminer les chiffres.

Une fois le nouveau cadrage macro-économique connu, le gouvernement présentera au Parlement vers le 15 avril un nouveau programme de stabilité qui sera ensuite adressé à Bruxelles. C'est début juin que la Commission devrait se prononcer sur les mesures contenues dans ce programme. C'est également à ce moment qu'elle pourrait accorder officiellement un délai à la France, comme aux autres pays concernés, pour réduire leur déficit public.

Convaincre Bruxelles

Tout le problème de François Hollande est de convaincre Bruxelles mais aussi certains partenaires comme l'Allemagne, que la France a bien pris la mesure des économies à réaliser, au delà de celles déjà arrêtées pour 2013 et celles en cours de préparation pour 2014.

Mardi, devant les députés PS, Jean-Marc Ayrault a pourtant récusé tout nouveau plan de rigueur pour cette année. Mais la remise en cause de la prévision de croissance va avoir des conséquences. Le gouvernement qui était à la recherche de 10 milliards d'euros d'économies budgétaires pour 2013 va devoir tailler un peu plus dans les crédits, de l'ordre de 8 milliards afin de compenser les rentrées fiscales inférieures aux estimations basées sur 0,8%.

Patrick Coquidé