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Déficit: Bruxelles et Paris quasiment sur la même longueur d'onde

La Commission européenne est presque en phase avec Paris

La Commission européenne est presque en phase avec Paris - Philippe Huguen - AFP

La Commission européenne a nettement revu à la baisse ses prévisions de déficit pour l'Hexagone, ce mardi 5 mai. Ces estimations se rapprochent de celles de l'exécutif français.

Cette fois Bruxelles est à peu près sur le même tempo que Paris. Dans ses prévisions économiques de printemps, dévoilées ce mardi 5 mai, la Commission européenne a revu nettement à la baisse ses estimations pour le déficit français.

L'exécutif européen table sur un déficit de 3,8% du PIB en 2015 et 3,5% en 2016 "à politique inchangée". Soit des estimations qui se rapprochent des prévisions de l'exécutif (3,8% pour 2015 et 3,3% pour 2016) et de la feuille de route que Bruxelles a fixée à Paris, à savoir 4% pour 2015 et 3,4% pour 2016. Le but est de revenir sous les 3% du PIB en 2017, objectif que Paris entend bien respecter, prévoyant 2,7% à cette date.

Une copie largement modifiée

"Nous pensons que les efforts entrepris (par le gouvernement français, ndlr) vont dans la bonne direction et la reprise prévue devrait permettre qu'ils portent leurs fruits plus vite", a déclaré le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Pierre Moscovici.

"Mais cela ne doit pas conduire à réduire l'ambition des réformes ni à remettre en cause la politique de réduction des déficits qui est absolument cruciale pour un pays dont la dette avoisine les 100% du PIB", a-t-il ajouté.

Par rapport à sa dernière prévision de février dernier, la Commission a ainsi nettement revu sa copie. Elle tablait sur des chiffres de 4,1% aussi bien pour 2015 que 2016.

Comment expliquer ce revirement? La croissance que Bruxelles un tout petit peu revu à la hausse pour 2015 (1,1% contre 1% auparavant) mais à la baisse pour 2016 (1,7% contre 1,8%), ne semble pas être à l'origine de ces nouvelles prévisions.

Il faut en revanche croire que le programme de stabilité envoyé par le gouvernement il y a quelques semaines a su convaincre l'exécutif bruxellois. Ainsi, dans le document accompagnant ses prévisions, Bruxelles explique avoir tenu compte des nouvelles mesures contenues dans ce document. Le 14 avril dernier, le gouvernement français avait, en effet, annoncé 4 milliards d'euros de nouvelles mesures pour réduire le déficit en 2015 et 5 milliards en 2016.

Une baisse du coût du travail

Des montants qui proviendraient essentiellement de la lutte contre la fraude et de la révisions à la baisse des dépenses d'assurance maladie et de la charge de la dette. Dans son analyse économique consacrée à la France, la Commission européenne indique tabler sur un chômage stable à 10,3% de la population active en 2015, qui reculerait ensuite à 10% en 2016.

Autre relative bonne nouvelle, Bruxelles voit le coût du travail français (en unités réelles) reculer de 1,1% en 2015 puis de 0,7% en 2016. 

J.M.