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Collectif budgétaire: les économies ne sont pas toutes au rendez-vous

Les députés et sénateurs ont entériné le collectif budgétaire.

Les députés et sénateurs ont entériné le collectif budgétaire. - -

Votée en commission mixte paritaire, lundi 30 juillet en fin d'après-midi, avant son adoption définitive mardi 31, le collectif budgétaire prévoit un milliard et demi d'euros de dépenses gelées. Mais le gouvernement a curieusement refusé certaines économies de fonctionnement.

Entre les promesses et la réalité, il y a parfois un fossé. A preuve, lundi 30 juillet, Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget affirmait: "Avant de savoir s'il faut de nouveau augmenter tous les impôts, par exemple la CSG, commençons par prouver que nous sommes capables de faire des économies."

Or, quelques heures plus tard, lundi en fin d'apès-midi, le gouvernement a obtenu des parlementaires de la majorité membres de la Commission mixte paritaire (CMP) qu'ils retirent du collectif budgétaire des mesures modestes d'économies qui se trouvaient dans le texte.

A l'initiative d'une sénatrice centriste, le Sénat avait ainsi voté, le 27 juillet, un amendement diminuant de 13 millions d'euros le budget du Quai d'Orsay en supprimant les 26 postes d'ambassadeurs itinérants de la République française.

Ce vocable d'ambassadeurs itinérants regroupe des anciens responsables politiques comme Michel Rocard, en charge des pôles Arctique et Antartique, ou des personnalités nommées pour leur proximité avec le pouvoir comme l'ancien ministre Brice Lalonde. Or, l'utilité de ces ambassadeurs itinérants reste à démontrer, en particulier en période de rigueur budgétaire et de hausse des prélèvements.

Dans le viseur de la Cour des comptes

Autre contre-exemple, cette fois de dépense superflue, contenue dans le collectif budgétaire. Sous la pression des élus locaux et des syndicats de fonctionnaires locaux, le gouvernement a accepté d'augmenter de 33 millions d'euros le budget du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) chargée de la gestion des personnels des collectivités.

Or, dans son rapport annuel 2012, la Cour des comptes s'était émue de la gestion "laxiste" et du manque de contrôle de cet organisme public. Etait-il dès lors indispensable d'augmenter son budget aussi rapidement ?

Patrick Coquidé