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Chercheurs, enseignants, maires... Hollande sort le chéquier préélectoral

François Hollande, le 26 avril 2016.

François Hollande, le 26 avril 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

"Depuis plusieurs semaines, le chef de l'État annonce des mesures de nature à caresser les électeurs dans le sens du poil. Le budget de la Recherche est dégelé, les enseignants vont voir leur rémunération revue à la hausse et des baisses d'impôts sont même en vue."

On attrape pas des mouches avec du vinaigre. Soucieux de remonter dans les sondages, François Hollande n'ignore pas l'adage. Maintenant que le déficit est maîtrisé, le FMI estimant que la France arrivera à passer sous les 3% du PIB en 2017, le Président se dit qu'il peut se permettre de sortir le chéquier. 

Le chef de l'État desserre donc l'étau budgétaire et multiplie les cadeaux préélectoraux en ce mois de mai. Tour d'horizon.

> Les enseignants choyés

Difficile de trouver un électorat plus à gauche que les profs. Pour autant, les enseignants ont tendance à se détourner de François Hollande. 21% d'entre eux seraient prêt à voter pour l'actuel président en 2017, selon un sondage OpinionWay de juillet 2015. Ils étaient 44% en 2012. D'où les annonces de ce mois de mai.

Le 2 mai dernier, François Hollande avait déjà décidé de réviser nettement à la hausse la prime annuelle des enseignants du primaire. De 400, elle passe à 1.200 euros, s'alignant sur celle des professeurs du secondaire. Coût du cadeau pour les finances publiques: 300 millions d'euros.

Ce mardi, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé un ensemble de mesures destinées à revaloriser l'ensemble de la carrière de tous les enseignants. Il en coûtera 500 millions d'euros en 2017. Et 1 milliard d'euros d'ici à 2020. Avec deux hausses de la grille de rémunération des profs: une en janvier 2017, trois mois avant la présidentielle et une autre en 2019. Histoire d'inciter les enseignants à voter pour le candidat qui les augmentera encore une fois…

> La Recherche épargnée

Des annulations de crédits de 134 millions d'euros étaient initialement prévues sur le budget des organismes de recherche. Un coup de canif qui n'a guère plu aux Nobélisés français, qui dans une tribune dans Le Monde, ont dénoncé "un suicide scientifique et industriel".

Après avoir reçu plusieurs d'entre eux lundi 30 mai (dont le prix Nobel de physique Serge Haroche et celui de médecine François Barré-Sinousi), François Hollande a finalement renoncé à ces annulations de crédits, espérant ainsi calmer la colère du monde scientifique.

> La colère des maires entendue

Jeudi, François Hollande sera en opération déminage. Le président de la République va, en effet, assister au Congrès de l'AMF, l'association des maires de France. Or nombreux sont ces élus à se plaindre des baisses des dotations de l'État aux collectivités locales, qui atteignent encore 3,67 milliards d'euros en 2016.

Le président de l'AMF François Baroin (Les Républicains) lui a notamment demandé d'y remédier. Il n'est pas le seul. La maire de Paris, Anne Hidalgo a fait de même dans une interview aux Échos de ce mardi où elle affirme que "cette baisse de dotation n'est plus soutenable".

Pour calmer la fronde et peut-être remettre dans sa poche une partie des édiles, François Hollande aura une bonne nouvelle à leur annoncer, selon le JDD. Soit les économies demandées aux maires pour 2017 seraient étalées sur deux ans, soit le Président se résoudrait à les diminuer, ne demandant plus que 2 milliards sur les 3,7 milliards d'économies programmées pour l'an prochain. Le Président précisera son annonce jeudi 2 juin.

> De nouvelles baisses d'impôts?

Le président l'avait promis le 3 mai dernier. "En fonction des marges et seulement en fonction des marges dont nous pourrons disposer", des nouvelles baisses de prélèvements pourront être décidées pour "les Français les plus modestes".

Ce qui suppose que la croissance économique soit au rendez-vous. Or il faut reconnaître qu'en ce début d'année, les signaux annonciateurs d'une réelle reprise se multiplient dans l'Hexagone. Le nombre de chômeurs sans activité a reculé sur deux mois consécutifs, une première depuis 2011, et la croissance est au rendez-vous. Lundi 30 mai, l'Insee a d'ailleurs annoncé que le PIB avait progressé de 0,6% au premier trimestre, crédibilisant un peu plus l'objectif du gouvernement qui est d'atteindre 1,5%.

Autant d'éléments qui laissent à penser que les baisses d'impôts seront annoncées dans les prochains mois.

J.M.