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Ce que Bruxelles pense de la priorité à la sécurité de la France 

Le Commissaire européen Pierre Moscovici a annoncé ce mardi 17 novembre que la Commission européenne était disposée à faire preuve de compréhension vis-à-vis du gouvernement français qui va faire face à de nouvelles dépenses pour lutter contre la menace terroriste.

Bruxelles va faire preuve de compréhension. C'est tout du moins ce qu'a laissé entendre le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici.

Le président François Hollande a annoncé mardi de nouveaux moyens pour faire face à la menace terroriste sans précédent que connaît actuellement la France, avec la création de 8.500 postes supplémentaires dans la justice, les douanes, les armées et la police. Le président de la République avait alors assumé le surcroît de dépenses en affirmant que "le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de responsabilité".

En d'autres termes, la défense du territoire prime sur les objectifs de déficit. Restait à savoir comment la Commission européenne allait prendre la nouvelle. Et Pierre Moscovici apporte implicitement la réponse: "les règles du pacte de stabilité n'empêchent pas les Etats de définir leurs priorités. Nous comprenons ce qu'est la priorité à la sécurité", a-t-il affirmé. 

Le pacte de stabilité n'est "ni stupide, ni rigide"

"Nous démontrons que le pacte (de stabilité) n'est ni rigide, ni stupide (...) Il est capable de faire face à bien des situations. C'est dans cet esprit que nous discuterons avec le gouvernement français", a poursuivi le commissaire européen.

"La Commission européenne a une approche intelligente et humaine de cette situation", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il est "trop tôt pour dire maintenant comment ça va se traduire sur la trajectoire budgétaire de la France". "Nous verrons au moment où cela sera pertinent", a souligné l'ancien ministre français des Finances.

Un peu plus tôt ce matin, Manuel Valls avait confirmé que les engagements budgétaires de la France seraient "forcément dépassés", appelant ainsi l'Union européenne à "comprendre" la situation.

Par ailleurs, la chef de la diplomatie européen, l'italienne Frederica Mogherini a assuré que l'Union européenne et l'ensemble de ses Etats membres apporteraient un soutien unanime à la demande d'assistance militaire faite la veille par François Hollande. Le président français avait invoqué lundi l'article 42-7 des traités européens, prévoyant une clause de solidarité en cas d'agression contre un pays de l'Union Européenne.

J.M. avec agences