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Carrez: le gouvernement fait "du coaching fiscal"

Gilles Carrez propose de créer une franchise d'impôt pour les revenus imposables inférieurs à 40.000 euros.

Gilles Carrez propose de créer une franchise d'impôt pour les revenus imposables inférieurs à 40.000 euros. - -

Le président UMP de la Commission des finances de l'Assemblée a présenté, ce mardi 10 juin, son contre-projet de réduction des impôts. Il a, au passage, critiqué la proposition du gouvernement, qui, selon lui, assomme les classes moyennes.

Comme à son habitude, Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des finances n'a pas été tendre avec le gouvernement. Ce mardi 10 juin, le député a présenté, avec son collègue Hervé Mariton, sa contre-proposition pour réduire les impôts.

Cette dernière est une forme de réaction face à la mesure fiscale de Manuel Valls qui propose de baisser les impôts de 3 millions de ménages. Gilles Carrez et Hervé Mariton jugent, en effet, "insuffisant" le geste du gouvernement, face à l'ampleur globale des augmentations d'impôts, mais aussi "injuste" pour les classes moyennes.

Pour Gilles Carrez, le dispositif gouvernemental sera "hyperconcentré" sur trois millions de ménages. Il considère ainsi qu'"environ 12 millions de Français, qui ne sont pas des riches et qui ont écouté Manuel Valls", vont être "fous de rage lorsqu'ils vont voir arriver la douloureuse en septembre".

Une franchise d'impôt sur le revenu

Autre critique sur le "geste" annoncé par le gouvernement: son financement fondé sur les recettes tirées de la lutte contre la fraude fiscale, "une recette exceptionnelle" liée notamment à la fin du secret bancaire en Suisse et à Singapour. Cette recette ne pourra pas être reconduite chaque année, objectent-ils.

Après avoir martelé que "les classes moyennes ont seulement le droit de payer et que le bas des classes moyennes va le plus souffrir", Gilles Carrez a ironisé: "on fait du coaching fiscal".

En alternative, Gilles Carrez et Hervé Mariton proposent de de créer une franchise d'impôt sur le revenu autour de 130 euros pour tous les contribuables dont le revenu imposable est inférieur à 40.000 euros.

Le coût de la mesure évalué à 1,8 milliard d'euros, serait financé par l'abandon de la réforme des rythmes scolaires et de la revalorisation du RSA socle sur l'inflation sur 5 ans.

J.M. avec AFP