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Budget 2020: la France n'est pas dans une situation tragique, insiste Joël Giraud (LREM)

La commission des finances s'est saisie ce mardi du Budget 2020 à l'origine de nombreuses tensions. Mais des tensions que Joël Giraud, député LREM des Hautes-Alpes, rapporteur général de la commission des finances à l'Assemblée nationale, tient à relativiser.

La journée était importante au sein de la commission des finances. Ce mardi 8 octobre, l'instance devait en effet se saisir du Budget 2020 en vue d'ajuster un document au sein duquel figure, notamment, la baisse de 5 milliards d'euros d'impôts sur le revenu prévue par l'exécutif pour répondre au mouvement des "gilets jaunes" survenu l'hiver dernier.

À crise exceptionnelle, budget exceptionnel?

Les grands équilibres macro-économiques de ce budget, principalement en matière de déficit, de hausse de la dette et de dépenses publiques, sont cependant l'objet de vives critiques. S'il reconnait quelques décalages, le rapporteur général de la commission des finances, Joël Giraud, invité mardi 8 octobre sur le plateau de 12H L'Heure H, préfère tempérer cette vision.

"Il n'y a quand même pas des dérapages que je qualifierais de gigantesques" (…) "Quand il y a une crise sociale dans un pays, il y a forcément des réponses (…) Si on n'avait pas fait ce genre de promesse, il y aurait effectivement une amélioration du déficit. Pour autant, le déficit aujourd'hui, on ne peut pas considérer que la France se situe dans une situation qui est une situation tragique. Nous avons un déficit structurel qui est stable si on regarde la réalité des choses. On a un travail sur lequel il faut encore accentuer notre effort d'ici la fin du quinquennat (…)

Mais Joël Giraud l'admet: "quelques économies" peuvent encore être réalisées au sein de l'Etat. "Il y a un certain nombre de secteurs où on serait bien inspiré d'avoir des cahiers des charges de services publics très stricts et une gestion qui est différente (…) Nous pouvons évoluer encore là-dessus d'ici la fin du quinquennat de manière efficace".

Rester "réglo"

Et parce qu'il serait "difficile", selon le rapporteur général, de ne pas prendre en considération les mesures prises l'hiver dernier pour répondre à la crise, Joël Giraud souhaite avant tout voir émerger "une loi de programmation des finances publiques rectificative parce que l'on a changé la programmation des finances publiques". Objectif affiché: "que l'on soit", dit-il, "un petit peu réglo vis-à-vis des engagements qui sont ceux que l'on a pris au niveau international (...) Je tiens simplement moi à la vérité des choses et à la vérité des chiffres".

J.C-H