BFM Business

Ayrault à la recherche de nouvelles économies

Le Premier ministre va devoir convaincre les ministres d'engager de nouvelles économies

Le Premier ministre va devoir convaincre les ministres d'engager de nouvelles économies - -

Jean-Marc Ayrault reçoit, ce mercredi 20 février, ses ministres pour un déjeuner de travail. Alors que le gouvernement va réviser à la baisse la prévision de croissance pour 2013, il va devoir trouver de nouvelles économies pour compenser la diminution des rentrées fiscales.

"Aucun plan de rigueur n'est prévu en 2013". C'est ce qu'a affirmé, mardi 19 février, Jean-Marc Ayrault devant les parlementaires PS. Sauf que dans le même temps, le gouvernement s'apprête à revoir à la baisse la prévision de croissance. Avec les conséquences en cascade que cela va impliquer sur les finances publiques.

Hier, François Hollande a confirmé que la croissance "n'atteindrait pas 0,8% en 2013", comme prévu dans le budget. Laurent Fabius a même reconnu que la nouvelle prévision, attendue pour fin mars, devrait tourner autour de 0,2 à 0,3%, un chiffre déjà avancé par plusieurs organismes économiques (OCDE, FMI). Mais d'autres, comme l'Observatoire BFMBusiness, estiment que c'est encore trop optimiste : nous serons plutôt à zero en fin d'année.

313 milliards de rentrées fiscales

Du coup, par effet de dominos, tous les chiffres contenus dans le budget 2013 vont devoir être repensés. En particulier celui des rentrées fiscales estimées dans le projet de loi de finances à 312,7 milliards d'euros (contre 284,4 milliards en 2012).

Ce midi, Jean-Marc Ayrault reçoit justement à déjeuner l'ensemble de son gouvernement pour évoquer la préparation du budget 2014. Initialement, le Premier ministre devait profiter de ce rendez-vous pour rassurer certains ministres qui commencent à renâcler devant la rigueur budgétaire. Il a d'ailleurs repoussé l'envoi des fameuses "lettres de cadrage budgétaire" à la semaine prochaine en signe d'apaisement.

Mais la perspective d'une croissance plus faible va l'obliger à dégager de nouvelles économies pour compenser de moindres recettes. Selon le chiffre qui sera retenu en mars pour la croissance, le gouvernement va devoir trouver entre 5 et 8 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Elles viendront s'ajouter aux 10 milliards déjà annoncés pour financer le crédit impôt compétitivité et emploi (Cice).

Bruxelles devra juger les efforts de Paris

Comment les trouver ? Par des hausses de prélèvements ? Difficile après les 35 milliards d'euros de taxes nouvelles pour 2013. Par des économies de fonctionnement ? C'est la solution recommandée par la Cour des comptes dans son dernier rapport public.

Ce midi, Jean-Marc Ayrault va donc rappeler cet objectif aux ministres. Il devrait également insister sur les chantiers lancés ces derniers jours par le gouvernement, comme les efforts demandés aux collectivités locales, la réflexion sur les prestations familiales, le réexamen des aides aux entreprises ou le prochain lancement de la réforme des retraites.

Autant d'efforts que la France compte mettre en avant pour obtenir de Bruxelles un peu d'indulgence sur l'objectif de réduction du déficit à 3% en fin d'année. Vendredi, la Commission européenne va d'ailleurs publier ses prévisions économiques pour l'ensemble de l'Union. Et le 15 avril, Paris devra transmettre sa programmation budgétaire jusqu'en 2017 à la Commission.

Patrick Coquidé