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Fillon va tabler sur un déficit moins lourd pour 2017

François Fillon se prépare lui-même à revoir à la baisse sa prévision de déficit

François Fillon se prépare lui-même à revoir à la baisse sa prévision de déficit - Patrick Kovarik - AFP

Selon plusieurs personnes de son entourage citées par les Échos, le favori pour le second tour de la primaire de la droite et du centre va changer sa prévision de déficit pour l'an prochain, actuellement à 4,7%.

C'est l'un des grands paris de François Fillon dans son programme économique: faire d'importantes réformes qui vont créer un "véritable choc sur la compétitivité". Ces mesures, et surtout (selon lui) les nouvelles dépenses engagées par la gauche creuseraient lourdement le déficit les deux premières années de son quinquennat.

Ainsi, François Fillon estime que le déficit atteindra 4,7% du PIB en 2017, 4,5% en 2018 avant de refluer, pour s'élever à 3,5% en 2019 et, progressivement, arriver à l'équilibre en 2022. Ces prévisions pessimistes ont été un gage de crédibilité pour François Fillon, qui a ainsi pu présenter son projet comme étant sérieux et rigoureux.

Mais le député de Paris va néanmoins faire preuve d'un peu plus d'optimisme pour l'an prochain. Tout du moins si l'on en croit son entourage. "Ce chiffre de 4,7 % était une hypothèse très prudente et pessimiste. Ça ne pourra être que mieux que ça et, avec des vents favorables, nous pourrions être plus proches de 4%, voire en-dessous", explique ainsi aux Échos Pierre Danon, le directeur adjoint de campagne de François Fillon.

"Des marges de manoeuvre supplémentaires"

Le député et président de la commission des Finances, Gilles Carrez, l'un des grands soutiens du favori du deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, va lui jusqu'à dire, toujours aux Échos, qu'il n'a jamais validé ce chiffre de 4,7%. Et qu'au final le déficit a de bonnes chances d'être "compris dans une fourchette de 3,5% à 4%, et même plus proche de 3,5%".

Même François Fillon indique se préparer à revoir sa position. Dans une tribune publiée sur LesÉchos.fr ce mardi soir, et dans laquelle il défend bec et ongles son projet de réduction de 500.000 emplois dans la fonction publique, il écrit que "si le déficit s'avère moins important que ce que nous avons anticipé, cela nous donnera des marges de manoeuvre supplémentaires". Tout en rappelant que "ce n'est pas le déficit de François Fillon, c'est celui de François Hollande".

Un chiffre trop pessimiste

Gilles Carrez et Pierre Danon expliquent que depuis la présentation du cadrage économique du projet de François Fillon (en septembre dernier) de "nouveaux éléments" sont apparus, à savoir les différents projets de lois de finances (Budget 2017, Budget rectificatif pour 2016).

Dans tous les cas, la prévision de déficit de François Fillon, qui visait surtout à dénoncer le lourd héritage laissé par l'équipe de François Hollande, semblait trop forte. Dans ses dernières prévisions, publiées début novembre, la Commission européenne a ainsi considéré que le déficit de la France passerait sous les 3% (2,9%) au vu du projet de Budget présenté par l'exécutif tricolore. Et à titre de comparaison, Alain Juppé, lui, table sur un déficit compris entre 3,2 et 3,4%.

J.M.