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EXCLUSIF – Les documents qui contredisent la version de Virginie Calmels face à Barnes

Virginie Calmels

Virginie Calmels - BFMTV

Virginie Calmels a-t-elle quitté la direction de Barnes après la découverte de pratiques condamnables au sein de l’entreprise ou a-t-elle précipité son départ avant que les actionnaires ne mettent eux-mêmes fin à son mandat ? Des documents que nous nous sommes procuré contredisent en tout cas partiellement la version défendue par l’ex-numéro 2 des Républicains.

Dans cette affaire l’enjeu pour chacune des parties est clair. Préserver son image pour Virginie Calmels, sa réputation pour Barnes. D’un côté, Virginie Calmels assure avoir démissionné après la découverte d’éléments juridiques et financiers accablants pour l’entreprise et faute de pouvoir mettre en œuvre son plan de transformation. De l’autre, les actionnaires de Barnes, qui affirment que ce sont eux qui ont cherché à se séparer de Virginie Calmels, lui reprochent de ne penser qu’à ses intérêts personnels au détriment de l’entreprise.

Jusque-là c’était "parole contre parole" mais des documents confidentiels viennent accréditer l’une des deux versions.

Une convocation en vue d’une révocation

Invitée hier d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business, Virginie Calmels assurait, lettre à l’appui, avoir démissionné de son poste de CEO de Barnes. Or, le premier document que nous avons obtenu met clairement en doute la théorie d’une simple démission. Dans un communiqué, Virginie Calmels date sa décision au 22 juin. Une lettre de convocation en vue d’une révocation lui a en réalité été envoyée le 21. Un courrier reçu et contresigné par Virginie Calmels elle-même.

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Le calendrier : c’est la clé de ce conflit entre les actionnaires de Barnes et Virginie Calmels. Le calendrier et ce qu’il pourrait suggérer. Car tout repose sur des perquisitions menées par l’administration fiscale le 13 juin dernier dans le cadre d’une enquête sur la société de Barnes au Luxembourg.

Les exigences de Virginie Calmels...

Virginie Calmels dit avoir elle-même, au sein d’un "rapport" interne, constaté des éléments potentiellement condamnables. Elle affirme avoir remis ses conclusions sur le sujet début juin. Les perquisitions du fisc l’ont incitée à réclamer dans la foulée des garanties. Il est question d’une indemnisation de près d’un million d’euros en cas de préjudice personnel et de l’application de ses préconisations pour l’entreprise après le fameux rapport.

L’autre document que nous nous sommes procuré valide cette fois-ci le calendrier défendu par Virginie Calmels. Il s’agit d’un mail qu'elle a envoyé le 20 juin à l’un des avocats de la société.

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Mais c'est après que les versions divergent. Virginie Calmels assure elle que c’est faute de réponse de la part des actionnaires qu’elle aurait décidé de quitter ses fonctions. Les actionnaires eux disent avoir eux-mêmes cherché à l’évincer compte tenu de ses exigences financières.

En attendant que la justice se prononce - sur le fond comme sur la forme puisque les deux parties ont décidé de porter plainte pour diffamation – cette affaire n’aura sans doute épargné ni l’image de Virginie Calmels ni la réputation de Barnes.

Marie COEURDEROY