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Etude Odoxa: 8 Français sur 10 pensent qu’être riche est mal perçu

Être mal perçu? Les Tuche s'en moquent...

Être mal perçu? Les Tuche s'en moquent... - Pathé Distribution

Selon cette étude d'Odoxa, les "riches" sont mal perçus par 78% des Français. Mais qu'est-ce qu'être riche?

"Je n’aime pas les riches !" La phrase de François Hollande résonne encore tous partis confondus. En France, être riche est mal perçu. C’est ce qu’il ressort de la dernière enquête d’Odoxa sur la perception de la richesse dans notre pays. La question est habile. Pour inciter les sondés à répondre sincèrement, l’institut ne leur a pas demandé s’ils aiment ou non les riches. L’institut a préféré demandé si en France, il est bien ou mal perçu d’être riche? La réponse est claire. 78% des Français penchent pour la seconde option et seulement 22% estiment le contraire. Et cette fois, personne ne s’est réfugié sur un "Ne sait pas".

En entrant dans le détail, on constate que les sympathisants de la France Insoumise sont plus nombreux que les autres à penser que le fait d’être riche est plutôt bien perçu en France. Ils sont 31% à le penser, suivis par ceux du Rassemblement National (29%) et du Parti Socialiste (25%). Pourquoi tant de défiance à l’égard de cette catégorie qui rassemble aussi bien des entrepreneurs, des sportifs, des artistes ou des héritiers, sont-ils seulement tous logés à la même enseigne, mais surtout, c’est quoi être riche?

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- © Odoxa

Difficile de répondre à la question. Comme l’expliquait récemment dans La Tribune Alexandre Mirlicourtois du cabinet Xerfi, "En fait, personne ne le sait, car il n'existe pas de définition officielle ni objective de qui peut être considéré comme 'riche'". Cela dépend de ses revenus, mais aussi de son patrimoine.

De plus en plus nombreux mais toujours minoritaires

En termes de revenu, être "riche", est-ce faire partie des 10% de Français dont le salaire est supérieur à 3000 euros nets par mois? Pas vraiment. Selon Xerfi, ce serait plutôt être dans les 1% qui qui gagnent plus de 100.000 euros. Idem pour le patrimoine où seulement 1% des Français en disposent un d’au moins 2,5 millions d’euros. Ainsi, pour être "riche", il ne faut pas avoir l’un ou l’autre, mais les deux. "Au-delà de 170.000 euros de revenus et de 2,5 millions d'euros de patrimoine, on approche ce que l'on pourrait qualifier de situation atypique", explique Alexandre Mirlicourtois. Cela représente un peu plus 500.000 personnes.

Ce tableau de la richesse n’est pas tout à fait celui de Monique Pinçon-Charlot et son époux Michel Pinçon, des universitaires spécialisés dans la sociologie des riches. Pour eux, ce n’est pas seulement l’argent qui fait les riches. Pour l’être, il ne suffit pas de faire partie de ces 1%, mais faire être membre d’une classe qui partage les mêmes codes, étudie dans les mêmes écoles et vit dans les mêmes quartiers. Un peu comme les Tuches qui même en gagnant au loto deviennent riches, en restant pauvres.

Quoi qu’il en soit, si beaucoup de Français aimeraient devenir riches, ils estiment que cette situation enviable véhicule une image négative. Dans une tribune, Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin, respectivement président et directeur de l'Institut de recherches économiques et fiscales, constatent que "les riches sont les bannis de l'opinion en France" et pour eux, il s’agit d’une pathologie bien française: l'envie. Une notion qui met à mal la théorie des 1%. Finalement, sont riches ceux qui sont supposés gagner et posséder plus que ce que les autres ont, créant ainsi la jalousie de leurs proches.

Pascal Samama