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Espagne : l’économie ralentit

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'un meeting à Grenade le 25 avril 2019.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'un meeting à Grenade le 25 avril 2019. - JORGE GUERRERO / AFP

L'Espagne retourne ce dimanche aux urnes pour la 3ème fois en près de 4 ans. Malgré l'instabilité politique, l'économie du pays s'est redressée, depuis le plus fort de la crise en 2013, mais, depuis deux ans, la croissance ralentit.

Après avoir souffert d'une sévère récession et de plusieurs années d'austérité drastique, l'Espagne a connu une reprise insolente. Mais la reprise espagnole perd de sa vigueur. Après avoir affiché une croissance supérieure à 3 % de 2015 à 2017, la hausse du PIB a ralenti : elle n’était que de 2,6 % l'an dernier et est attendue à 2,2 % cette année.

Le chômage, 2ème plus élevé d'Europe

Le chômage lui poursuit sa décrue entamée en 2013, ou l'Espagne avait enregistré un pic à 27 %, malgré un léger rebond au 1er trimestre à 14,7 % au premier trimestre. En valeur absolue, le nombre de chômeurs a atteint 3,35 millions de personnes fin mars, soit près de 50 000 de plus qu'en décembre.

Le chômage reste non seulement le deuxième plus élevé d'Europe après la Grèce, mais demeure LA principale préoccupation des Espagnols, selon l'institut gouvernemental CIS : 39,5 % considèrent qu'il s'agit du premier problème du pays.

Un marché du travail marqué par la précarité

Une autre préoccupation taraude aussi les Espagnols : le marché du travail reste marqué par la précarité. Certes, elle est en recul, mais reste significative : plus du quart des salariés, soit 4,2 M de personnes, sont en contrat temporaire, c’est un record en Europe. Par ailleurs, près de 15% des contrats sont à temps partiel, les trois quarts des temps partiels concernant des femmes.

« Les choses vont raisonnablement bien et les fondements économiques du pays sont solides », assure néanmoins le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez, qui a met en avant les 600 000 emplois créés sur un an. Mais l’opposition (les conservateurs du PPE), elle, accuse la gauche d'être responsable du ralentissement de l'économie et prédit une nouvelle crise, si elle reste au pouvoir.

Delphine LIOU avec AFP et Reuters