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Draghi critiqué par les Allemands: Merkel tente de calmer le jeu

Angela Merkel a exprimé son soutien à Mario Draghi.

Angela Merkel a exprimé son soutien à Mario Draghi. - Odd Andersen - AFP

"La presse et les responsables politiques allemands s'en prennent à la politique monétaire du président de la Banque centrale européenne. La chancelière soutient, elle, "totalement" les décisions de Mario Draghi."

Angela Merkel entre le marteau et l'enclume. Cherchant à apaiser des tensions à la suite de critiques formulées en Allemagne contre la politique de la banque, la chancelière allemande a déclaré qu'elle "soutenait totalement" les politiques indépendantes de la Banque Centrale Européenne: "La BCE a un mandat clair et ce mandat consiste à assurer la stabilité des prix", a déclaré Angela Merkel à la presse lors d'une visite dans la ville néerlandaise d'Eindhoven.

Pour la chancelière les débats "à propos des taux d'intérêt (...) sont légitimes et ne doivent pas être perçus comme une immixtion dans les politiques indépendantes de la BCE, que je soutiens totalement".

Le mois dernier, Mario Draghi a annoncé un ensemble de mesures destinées à faire remonter l'inflation devenue chroniquement basse dans la zone euro. Parmi ces mesures figurait l'adoption de taux d'intérêt zéro, le renforcement de son programme controversé de rachat d'actifs, connu sous le nom d'assouplissement quantitatif, ainsi que le fait de permettre aux banques de prêter à des conditions très favorables. Ces mesures ont été sévèrement critiquées en Allemagne où les épargnants voient les intérêts de leurs dépôts fondre et les bénéfices des banques se réduire.

"La politique monétaire ne peut pas tout résoudre"

Récemment, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a même suggéré que les politiques de la BCE contribuaient à créer de l'instabilité en Allemagne et à renforcer l'hostilité envers l'euro ainsi que les partis anti-immigration. Plusieurs membres de la CSU, la version bavaroise de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, ont également exprimé des critiques. "La politique de Mario Draghi a conduit la BCE à une perte massive de crédibilité", a ainsi affirmé le député bavarois, ex-ministre fédéral de l'Interieur, Hans-Peter Friedrich. "Nous ne pouvons pas nous permettre un autre Draghi", a surenchéri son collègue Hans-Peter Uhl, qui est également le porte-parole de la CSU.

La chancelière allemande a indiqué jeudi à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte que "la politique monétaire ne peut pas résoudre tous les problèmes". "Aussi, c'est à nous qu'il incombe en tant que responsables politiques de faire ce qu'il convient et de trouver des politiques innovantes". "Mieux nous nous acquitterons de cette tâche et plus vite la croissance sera au rendez-vous et l'inflation remontera certainement".

D. L. avec AFP