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Doit-on laisser l'Allemagne fixer les règles ?

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. - -

Voilà un couple qui ne s'entend guère pour sauver l'euro. D'un côté l'Allemagne d'Angela Merkel, qui réclame plus de contrôle des États par l'Europe. De l'autre, la France qui prône le maintien de la souveraineté nationale. Qui doit gagner ?

Les 8 et 9 décembre prochains se tiendra à Bruxelles un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement que l'on dit historique. Il devrait tout simplement s'y décider si les pays membres de la zone euro acceptent de perdre un peu de souveraineté pour sauver la monnaie unique. Et en cela, les deux piliers du vieux continent, la France et l'Allemagne, sont radicalement en désaccord.

Accepter ou non de perdre un part de souveraineté

Au coeur de leur bras de fer: le rôle de la Banque centrale européenne. Nicolas Sarkozy souhaite que la BCE rachète plus et plus vite une partie de la dette des Etats. Objectif: faire baisser les taux d'emprunt sur les marchés. Pour Angela Merkel, il n'en est pas question. Elle veut d'abord des garanties. Et pour cela, la chancelière réclame un contrôle du budget des pays de l'eurogroupe par le parlement européen. Puis mettre en place des sanctions fortes contre ceux qui laissent courir leurs déficits. L'enjeu de ces négociations est en réalité crucial: accepter ou non de perdre un part de souveraineté nationale afin d'obtenir un système s'approchant de celui de la FED américaine. Et tenter de sauver la zone euro.

La fable de «la cigale et la fourmi»

Pour le député Nouveau Centre - et ancien ministre des Affaires étrangères - Hervé de Charette, « l'Allemagne est la première puissance économique européenne. Mais c'est aussi la plus sage. Quand vous allez voir quelqu'un pour lui donner de l'argent, vous ne vous étonnez pas qu'il regarde comment vous vous comportez. Il y a une fable pour ça: celle de la cigale et de la fourmi. Il faut partager notre souveraineté budgétaire », dit-il. Mais le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, se dit en revanche inquiet. « Ce n'est malheureusement plus la France qui fixe les règles du jeu, c'est l'Allemagne. Mais j'espère que le président de la République ne consentira pas à un abandon supplémentaire de souveraineté qui serait très regrettable ».