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Dette: l'Italie va reprendre son programme de privatisation

Les mesures d'austérité n'ont pas suffi à soulager les finances publiques.

Les mesures d'austérité n'ont pas suffi à soulager les finances publiques. - Filippo Monteforte - AFP

L'Italie, pour se désendetter, doit trouver 10 milliards d'euros. Elle prévoit de céder une partie de la Poste, du contrôle aérien ou des chemins de fer.

Que ce soit à Rome ou à Athènes l'urgence est au désendettement. Deux ans après avoir dû suspendre son programme de privatisation sur pression de la rue, le gouvernement italien compte bien le réenclencher l'an prochain. Le but est de lever 10 milliards d'euros.

L'Italie cherche par tous les moyens à récupérer de l'argent. C'est l'objectif de cette vague de privatisation partielle. En cédant une partie de la Poste, du contrôle aérien et des chemins de fer, le pays espère réduire sa dette, qui dépasse les 135% du PIB.

En effet, les mesures de restrictions budgétaires, gel de dépenses et hausses d'impôts, n'ont pas permis de soulager les finances publiques.

Le risque est de se retrouver comme en Grèce, face à des taux d'intérêts qui s'envolent. Le taux italien à 10 ans a déjà doublé depuis un an. Rome ne peut pas se permettre d'aller au-delà.

Autre moyen de récupérer de l'argent: lutter contre la corruption. L'Italie serait plus riche de quelque 300 milliards d'euros si elle avait agi avec détermination contre la corruption, après les scandales révélés dans les années 1990, estime un rapport du patronat italien publié mercredi 17 décembre.

Lutte contre la corruption

Selon la Confindustria, principale organisation patronale, le manque de mesures contre la corruption et les pots-de-vin a pesé sur la croissance du Produit intérieur brut italien, qui aurait pu être près de 20% plus élevé.

Dans ce rapport intitulé "La corruption, poids mort pour le développement", la Confindustria a tenté de quantifier l'impact des mesures anticorruption prises après les opérations "Mains propres" lancées par les juges de Milan, dans les années 1990. Cette corruption endémique pèse en particulier sur les investissements, a expliqué le directeur du CSC, centre d'études au sein de la Confindustria, Luca Paolazzi.

L'indice de la Banque mondial classe la France en 26ème position des pays les moins corrompus. L'Italie est 90ème.

Crainte de contagion de la crise

Une situation suivie de près à Bruxelles. Un sauvetage de l'économie italienne nécessiterait des moyens colossaux, largement supérieurs à ceux déployés en Grèce. La crainte des Européens, mais aussi d'organismes internationaux comme le FMI, est une contagion de la crise italienne à d'autres économies européennes.

Et un retour de la crise monétaire qui frappe la zone euro depuis 2009.

Mathieu Sevin et BFMBusiness.com