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Dette grecque: Michel Sapin tacle Matthieu Pigasse

Michel Sapin ne partage pas les préconisations de Matthieu Pigasse sur la dette grecque

Michel Sapin ne partage pas les préconisations de Matthieu Pigasse sur la dette grecque - Eric Piermont - AFP

Le ministre des Finances a égratigné le dirigeant de la banque Lazard qui préconise d'effacer 100 milliards d'euros de la dette grecque. "Moi quand je conseille la Grèce c'est gratuit", a ainsi déclaré Michel Sapin dans le Grand Journal de Canal+ ce mardi 3 février.

Michel Sapin n'a que peu goûté les déclarations sur BFM Business de Matthieu Pigasse. Ce dernier avait, vendredi 30 janvier préconisé d'effacer un peu plus de 100 milliards sur les quelque 320 milliards de la dette grecque.

Le lendemain, le gouvernement grec nommait la Banque Lazard, celle que dirige Matthieu Pigasse, comme banque conseil sur sa dette. "Je suis aussi là pour conseiller le gouvernement grec mais moi, quand je conseille, c'est gratuit", a ironisé Michel Sapin ce mardi 3 février sur le plateau du Grand journal de Canal+.

"Revenir à la raison"

A propos de ceux, comme Michel Sapin, qui se prononcent contre une annulation de la dette grecque Matthieu Pigasse avait lancé: "ils vont revenir à la raison car cette dette est insoutenable, il n'y a aucune autre solution possible".

"Une chose que Matthieu Pigasse n'a pas dite, c'est quelle est la nature de cette dette ?", a argumenté le ministre des Finances, en rappelant que le banquier d'affaires avait déjà conseillé le gouvernement grec sur une restructuration de sa dette jusqu'en 2012.

"Est-ce que c'est une dette, comme (celle dont) il s'est déjà occupé avec le gouvernement précédent, vis-à-vis des marchés financiers, vous savez, la méchante finance ?", a-t-il interrogé, répondant immédiatement: "c'est une dette très différente, elle est due aux contribuables européens qui n'ont pas cherché à faire de l'argent sur le dos de la Grèce, ce qui a pu être le cas précédemment de tel ou tel prêteur" mais qui ont agi "en solidarité".

"Donc, quand on dit 'non' à l'annulation de la dette, c'est 'non' à un transfert du contribuable grec au contribuable français", a poursuivi Michel Sapin, affirmant être "aussi là pour protéger le contribuable français", tandis que "ce n'est manifestement pas la préoccupation de Matthieu Pigasse".

"Je pense qu'il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce", avait déclaré Matthieu Pigasse dès vendredi sur BFM Business, ajoutant que "la Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l'Europe demain".

J.M. avec AFP