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Des patrons inquiets du programme de Hollande

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Lundi soir, la Bourse a terminé dans le vert, mais certains chefs d'entreprises s'inquiètent de l'élection de François Hollande et de son programme fiscal sur les sociétés: la fiscalité des grands groupes sera alourdie, celle des PME allégée.

Les attaques spéculatives contre la France prédites par l'UMP n'ont pas eu lieu: lundi soir, la Bourse de Paris a clôturé en hausse de 1,65% pour sa première séance après l'élection de François Hollande. La victoire du candidat socialiste n'a pas suscité de craintes majeures auprès des investisseurs.
Pourtant, le monde de l'entreprise paraît gagné par l'inquiétude de lendemains qui déchantent. Les patrons craignent que la mise en oeuvre du programme du nouveau président n'impacte les profits.
François Hollande souhaite alourdir la fiscalité sur les grands groupes, en revanche les TPE (très petites entreprises) et les PME devraient être légèrement moins ponctionnées que sous Nicolas Sarkozy.
Ainsi, les plus grandes entreprises devraient se retrouver avec un impôt sur les sociétés à 35%, les PME à 30%, les TPE à 15%.
Ces mesures devraient être intégrées dans un projet de loi prévu pour le mois de juillet.

Des inquiétudes déjà palpables

«Ce qui nous affole, ce sont les dépenses publiques, explique Sophie de Menthon, présidente du mouvement ETHIC, un réseau d'entreprises. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche, mais les vaches à lait de tout le monde. C'est nous qui finançons les programmes, c'est nous qui finançons François Hollande, c'est nous qui payons tout ce qu'il annonce, les nouveaux professeurs à l'Education nationale, et c'est ça qui nous inquiète».
De là à penser que certaines entreprises s'apprêtent déjà à faire leurs valises...
Me Valérie Harnois-Mussard, avocate fiscaliste au cabinet FIDAL, reçoit de plus en plus d'appels de patrons comme de particuliers, inquiets pour leur portefeuille. Inquiets au point d'envisager de quitter la France? « Oui, répond Me Harnois-Mussard. On est en train de faire des études pour quelques groupes. Ils n'iront peut-être pas au bout du raisonnement, en tout cas ils se renseignent. On a toute une catégorie de jeunes chefs d'entreprises, qui n'ont pas besoin d'être localisés en France, qui interviennent dans des activités de service, ou d'internet. Certains peuvent être tentés d'aller développer leur entreprise ailleurs, notamment dans l'idée de la revendre un jour, et de ne pas supporter une taxe sur la plus-value trop importante».
Au-delà du programme de François Hollande, l'instabilité du système fiscal français tendrait aussi à décourager certains patrons.
L'avenir dira si le nouveau président réussit à apaiser les peurs.