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Dépense publique: l'objectif 2015 revu à la baisse

L'inflation trop faible oblige le gouvernement à revoir sa copie.

L'inflation trop faible oblige le gouvernement à revoir sa copie. - Eric Piermont - AFP

L'objectif de 21 milliards d'euros d'économies va être revu à la baisse, selon Michel Sapin. L'inflation trop faible en est la cause.

Le ministre des Finances Michel Sapin a estimé mardi que l'objectif de réaliser 21 milliards d'économies dans les dépenses publiques en 2015 risquait d'être revu à la baisse, en raison d'une inflation trop faible, dans un entretien avec l'AFP.

"On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", a reconnu le ministre, qui doit présenter dans trois semaines le projet de budget pour 2015, en réponse à une question sur le maintien d'un objectif de 21 milliards d'économies l'année prochaine.

Anormalement bas, le taux d'inflation en France, proche de celui de la zone euro, était de 0,5% en juillet en glissement annuel et de 0,4% hors tabac. Soit bien loin du niveau jugé sain, estimé à un peu moins de 2% par la banque centrale européenne. 

50 milliards d'euros d'économies

Le gouvernement a annoncé 50 milliards d'euros d'économies sur 2015-2017, dont 21 milliards en 2015, par rapport à la croissance tendancielle des dépenses, telle qu'il l'estime lui-même.

Une inflation plus basse est synonyme de croissance tendancielle des dépenses moins importante et donc d'un différentiel d'économies moins élevé.

Pas de mesures de restriction

Michel Sapin se garde néanmoins de prévoir de compenser avec de nouvelles mesures de restriction. "Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation", a-t-il dit, préférant se tourner vers les partenaires européens de la France pour que "des décisions soient prises".

"Jusqu'ici, l'habitude était de raisonner en fonction de la croissance. Les textes prévoient une flexibilité en cas de récession ou de croissance durablement très faible, mais là, on découvre un autre sujet qui finit par être aussi bouleversant pour les budgets que la faible croissance, c'est la faible inflation", a poursuivi Michel Sapin. Pour lui, "les chiffres de l'inflation en zone euro ont créé un choc. D'où l'émergence d'un nouveau discours des acteurs politiques et économiques. Maintenant, il faut que très rapidement ceci soit pris en compte et que des décisions soient prises".

Diane Lacaze