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Déficit : Bruxelles va relancer son bras-de-fer avec l’Italie

Le vice-président du conseil et ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini.

Le vice-président du conseil et ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini. - Andreas Solaro - AFP

La Commission européenne souhaite ouvrir une procédure contre Rome pour sanctionner les dérapages budgétaires du gouvernement populiste au pouvoir.

Grand vainqueur des élections européennes en Italie, Matteo Salvini n’aura pas le temps de savourer. Selon l’agence Bloomberg, la Commission européenne s’apprête à revenir à la charge contre Rome, en proposant l’ouverture d’une « procédure de déficit excessif », probablement le 5 juin prochain, lors de ses recommandations annuelles.

Cette proposition devra encore être validée par les autres Etats-membres de la zone euro. Si c’est le cas, l’Italie risquerait alors de se voir bloquer 0,2% de son PIB sur un compte sans intérêt, ce qui correspond à quelque 3,5 milliards d'euros.

Cette initiative ne manquera évidemment pas de relancer le bras-de-fer entre Bruxelles et Rome, entamé l’automne dernier. Arrivée au pouvoir en mars 2018, la coalition de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio avait décidé d’alléger ses objectifs de déficit. La Commission européenne avait alors critiqué un dérapage « sans précédent dans l'histoire du Pacte de stabilité et de croissance ». L’affaire semblait s’être apaisée en décembre lorsque Rome avait finalement décidé de revoir sa copie, par peur des sanctions européennes. Les deux parties s’étaient entendues sur un déficit public de 2,04% du PIB.

Une dette et un déficit record

Problème : l’économie italienne va mal et le pays espère une croissance d’à peine 0,3% en 2019. Pas suffisant pour absorber les dépenses publiques engagées par le gouvernement. Début mai, Bruxelles a de nouveau mis en garde contre un accroissement de son déficit public et de sa dette. Cette dernière devrait ainsi atteindre des niveaux record : 133,7% en 2019, puis 135,2% du PIB, contre 132,2% l'an passé. Quant au déficit, il devrait atteindre 2,5% du PIB en 2019 et 3,5% en 2020. De son côté, le gouvernement italien assure qu’il devrait au contraire baisser dès l’année prochaine.

Cette procédure interviendrait alors que Matteo Salvini a clairement renforcé sa position en Europe, après de triomphantes élections européennes. Interrogé sur le risque d’une procédure, le vice-premier ministre a donné le ton : « Si la lettre de la Commission dit comme toujours 'taillez, taillez, taillez' (dans les budgets), nous dirons non ».