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Déficit: après le délai, Bruxelles remet la pression sur la France

La Commission européenne demande des efforts supplémentaires à la France pour 2016 et 2017.

La Commission européenne demande des efforts supplémentaires à la France pour 2016 et 2017. - Europa

La Commission européenne, qui vient de donner un nouveau délai à la France pour atteindre son objectif de réduction du déficit, lui fixe ce vendredi de nouveaux objectifs plus sévères.

La Commission européenne a fixé ce vendredi 27 février de nouveaux objectifs de réduction budgétaire à la France, exigeant qu'elle réduise son déficit public plus que prévu en 2016 avant d'atteindre 2,8% du Produit intérieur brut (PIB) en 2017, avec des mesures d'économies supplémentaires.

Deux jours après avoir accordé un nouveau délai à la France, la Commission entend maintenir une pression forte sur le pays, d'après la recommandation qu'elle a rendue publique vendredi.

Bruxelles attend donc un déficit public de 4% du PIB en 2015 (au lieu des 4,1% promis par le gouvernement français), de 3,4% en 2016, là où Paris prévoit 3,6%, puis de 2,8% en 2017, année où le pays est censé repasser sous la barre des 3%.

Une trajectoire "réaliste"

La France est "en capacité" de respecter cette trajectoire "exigeante" et "réaliste", a immédiatement réagi le ministre des Finances, Michel Sapin, en visite à Ljubljana, en Slovénie.

En termes structurels (hors effet de la conjoncture), Bruxelles souhaite que la France réduise son déficit de 0,8 point de PIB en 2016 puis de 0,9 point en 2017.

Pour 2015, les chiffres étaient déjà connus: la Commission a fixé à la France un effort structurel de 0,5 point de PIB. Pour l'instant, le compte n'y est pas. Dans ses calculs, la Commission considère que les plans soumis par Paris ne permettent qu'une réduction de 0,3 point de PIB cette année. Il manque donc 0,2 point, soit l'équivalent de 4 milliards d'euros. 

Ce trou (de 0,2 point de PIB) a poussé Bruxelles à demander formellement à la France de lui donner très rapidement des gages de rigueur budgétaire. Bruxelles attend de nouvelles mesures d'ici l'été et pourrait si elle n'obtient pas gain de cause ouvrir une procédure de sanctions à l'encontre du pays, ce qui serait du jamais vu.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a assuré jeudi à Vienne que des "mesures supplémentaires" seraient prises pour remplir les engagements européens de la France en la matière si celles-ci s'avéraient nécessaires. "Nous ferons ce que nous avons à faire pour que la France respecte ses engagements de diminuer son déficit structurel de 0,5 point de PIB en 2015", a poursuivi le ministre français. 

N.G. avec AFP