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Croissance: France et zone euro à 0%

La croissance a été nulle au premier semestre 2014 en France.

La croissance a été nulle au premier semestre 2014 en France. - Reuters-Dado Ruvic

La croissance française, et celle de la zone euro ont été nulle au deuxième trimestre 2014, selon l'Insee et Eurostat ce 14 août. Paris a du coup divisé par deux sa prévision de croissance pour l'année.

Un an après sa sortie de récession, la zone euro affiche une croissance au point mort. Le Produit intérieur brut de la zone euro a stagné au deuxième trimestre, après avoir timidement avancé de 0,2% en début d'année. La faiblesse des investissements et des exportations semblent en cause.

Autre signe que la reprise a sérieusement du plomb dans l'aile: le moteur franco-allemand est en panne. L'Allemagne a annoncé ce jeudi une croissance négative, de -0,2% entre avril et mai 2014 selon Eurostat, et la France une croissance nulle, selon l'Insee ce 14 août.

L'économie française sera donc restée atone toute la première moitié de l'année, puisqu'elle avait déjà fait 0% de croissance au premier trimestre 2014 trimestre 2014. De très mauvais chiffres, alors que le gouvernement tablait sur 0,3% entre avril et juin. 

La prévision pour 2014 divisée par 2

Selon les chiffres publiés par l'institut de la statistique, tous les moteurs de l'économie française ont calé. L'investissement des entreprises a encore reculé (-0,8% par rapport au premier trimestre), la balance commerciale a été une fois de plus déficitaire, ce qui a coûté 0,1 point de PIB.

Seule la consommation des ménages, qui se reprend à +0,5% après un premier trimestre négatif, et la dépense publique (+0,5%), ont soutenu l'activité.

La prévision de croissance gouvernementale de 1% sur l'année 2014 semblait plus que jamais impossible à atteindre. Le ministre des Finances, Michel Sapin, en a pris acte ce jeudi matin, en la ramenant à 0,5% pour 2014, et 1% en 2015. 

Le déficit à plus de 4% en 2015

Dans un entretien accordé au Monde et publié ce 14 août, le ministre a encore prévenu que le déficit public serait supérieur à 4% du PIB en 2014, au lieu d'une prévision initiale de 3,8%. L'objectif d'un respect en 2015 de la limite européenne de 3% s'en trouverait de fait compromis. La France le réduira "à un rythme approprié", sans nouvelle hausse d'impôts, a déclaré Michel Sapin.

Estimant que l'Europe toute entière est "atteinte par cette langueur", le patron de Bercy a appelé l'Union européenne à agir. Il a réclamé que les politiques européennes soient réorientées en adaptant le rythme de réduction des déficits. Michel Sapin a en outre demandé à la Banque centrale européenne d'adopter une politique monétaire plus souple "pour que le risque de déflation disparaisse et que l'euro retrouve un niveau plus favorable".

Paris, de son côté, tiendra "sans faiblesse" sa promesse de faire des économies de 50 milliards d'euros et poursuivra ses réformes, mais ne tentera pas de combler les nouvelles brèches dans ses finances par des augmentations d'impôts, a assuré le ministre.

N.G. avec AFP