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Comment les prestations sociales permettent de réduire les inégalités en France

Les aides sociales réduisent significativement les inégalités en France

Les aides sociales réduisent significativement les inégalités en France - Philippe Huguen - AFP

Selon la Drees, les minimas sociaux qui s'ajoutent aux autres prestations sociales permettent en moyenne d'augmenter de 346 euros par mois le niveau de vie des personnes les plus démunies. Sans cette redistribution, le taux de pauvreté en France serait de l'ordre de 22%, contre 14,1% actuellement.

RSA, aides au logement, garantie jeunes… En France, minima sociaux et autres prestations sociales dites "non contributives" (sans lien direct avec le niveau de cotisations versées) participent nettement à la réduction des inégalités.

Selon une étude de la Drees publiée ce mardi, le taux de pauvreté, c’est-à-dire la proportion de Français vivant avec moins de 1041 euros (60% du niveau de vie médian) par mois, serait de 22,1% sans redistribution, contre 14,1% aujourd’hui après transferts sociaux et fiscaux.

Hausse du niveau de vie de 346 euros en moyenne

Dit autrement, la redistribution à la française permet de réduire de huit points le taux de pauvreté. Il faut dire que les prestations sociales non contributives représentent 41% du revenu disponible des 8,9 millions de pauvres en France. Et permettent d’augmenter leur niveau de vie de 346 euros par mois en moyenne.

Il s’agit bien entendu d’une moyenne qui ne reflète pas la réalité de chaque bénéficiare. Certains perçoivent moins, d'autres plus, puisque ces aides sont versées sous conditions de ressources. La Drees prend l'exemple "une personne seule locataire dans le parc privé et n’ayant pas de ressource". Celle-ci "disposera en 2020 de 776 euros mensuels de prestations sociales, soit 505 euros de revenu de solidarité active (RSA) et 270 euros d’aides au logement", note le service statistique du ministère des Solidarités et de la Santé.

A cela s’ajoute "une prime supplémentaire de 150 euros (…) pour faire face aux difficultés financières de la crise sanitaire causée par l’épidémie de Covid-19". Et si cette personne a un revenu d’activité équivalent au Smic, son revenu disponible atteindra 1454 euros mensuels, dont 235 euros au titre de la prime d’activité.

L'écart de niveau de vie entre les ménages aisés et modestes presque divisé par 2 après redistribution

En France, les 10% les plus pauvres perçoivent environ 64% de la masse financière des dix minima sociaux (RSA, allocation adultes handicapés, minimum vieillesse…). Ces mêmes minima représentent environ 13% du revenu des ménages vivant sous le seuil de pauvreté, contre 14% pour les aides au logement et 11% pour les prestations familiales.

Ces trois types de prestations non contributives sont ainsi bien plus efficaces que les impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, etc.) pour réduire les inégalités de revenu. En effet, les prestations familiales, les aides au logement et les minima sociaux réduisent d’environ 2 points chacun le taux de pauvreté, alors que les impôts directs contribuent à la baisse de cet indicateur à hauteur de 0,8 point par rapport à la situation avant redistribution.

Et ces aides répondent aux attentes en ciblant avant tout les populations les plus touchées par la pauvreté, à savoir les jeunes, les personnes en situation de handicap, les familles monoparentales mais aussi, et surtout, aux familles nombreuses. Avant leur versement, la pauvreté concerne un tiers "des personnes vivant dans un ménage constitué d’un couple avec trois enfants et 62,3% dans le cas d’un couple avec au moins quatre enfants". Or, les transferts sociaux permettent respectivement de réduire ces taux de pauvreté de 15,7 et 24,2 points même si ces taux restent "nettement au-dessus de celui de l’ensemble de la population, notamment pour les couples ayant au moins quatre enfants (38,1%)", explique la Drees.

Mais globalement, tous ménages confondus, les prestations sociales permettent de réduire significativement les écarts de revenus entre les Français aisés et modestes. Sans les transferts sociaux et fiscaux, les 10% des personnes es plus aisés auraient un niveau de vie 6,3 fois supérieur à celui des 10% les plus modestes. Avec la redistribution, cet écart se réduit à 3,4. Un ratio stable depuis 2014.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco