BFM Business

Comment le gouvernement veut relancer le commerce extérieur

Edouard Philippe veut enrayer la dégradation du déficit commercial français.

Edouard Philippe veut enrayer la dégradation du déficit commercial français. - Philippe Huguen - AFP

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté diverses mesures visant à rétablir l'équilibre de la balance commerciale française.

Edouard Philippe a présenté ce vendredi une série de mesures censées relancer le commerce extérieur français, dont une simplification des structures et un financement par l'État des certifications en anglais pour tous les étudiants d'ici 3 ans.

Voilà "quatorze ans" que la balance commerciale française est déficitaire, a souligné le Premier ministre lors d'un discours sur le campus de l'Edhec, l'école de commerce de la banlieue lilloise.

Un déficit qui est "le résultat d'un cumul de déficits français: déficit de compétitivité, déficit d'investissement, déficit de compétences, déficit de stratégie structurée par filières, déficit de vision, déficit d'accompagnement", a-t-il énuméré.

Mais ce déficit, qui s'est nettement aggravé en 2016 et 2017, n'est "pas inéluctable" et "il n'est jamais trop tard pour redresser la barre", a assuré l'ancien maire du Havre. "Le combat il se gagne ici, chez nous", a-t-il plaidé.

Comme attendu, le gouvernement souhaite simplifier les structures d'aide à l'exportation: un "interlocuteur unique" va être mis en place au niveau régional et "sous l'autorité stratégique des régions", associant Business France, l'organisme public de promotion de l'export français, lui-même issu d'une fusion, et les Chambres de commerce et d'industrie (CCI).

Cette logique doit également prévaloir à l'étranger: dans huit pays-test (Singapour, Japon, Philippines, Hong-Kong, Russie, Norvège, Belgique, et Espagne), "Business France concèdera son activité à des structures privées capables de fournir des services de même qualité".

Coup de pouce à l'apprentissage de l'anglais

L'État va également étendre ses garanties export: lorsque la loi du pays d'exportation l'impose, pour les opérations de moins de 24 mois, et pour des projets "qui seraient jugés stratégiques" même s'ils ne se traduisent pas immédiatement par un contrat d'exportation.

Mais la disposition la plus originale des vingt mesures concerne un coup de pouce à l'apprentissage de l'anglais. L'État "financera à chaque étudiant, avant d'entrer en premier cycle universitaire au mieux et au plus tard avant la fin de ce premier cycle, une certification internationale en anglais (de type TOEFL, Cambridge, IELTS...)", selon le gouvernement.

Ces certifications internationales, qui coûtent autour de 200 euros pour le cas du TOEFL, seront d'abord financées pour les élèves en terminale qui suivent un cursus à dimension internationale (70.000 élèves en sections européennes et internationales) avant une généralisation progressive "sous trois ans".

"L'anglais est désormais la lingua franca", a ironisé Edouard Philippe, défendant des mesures "game changers". Après une phase d'amélioration, le déficit commercial français s'est nettement dégradé en 2016 et 2017, pour atteindre 62,3 milliards d'euros l'an dernier.

Y.D. avec AFP