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Comment Amazon se prépare à un Brexit sans accord

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- - Adrian DENNIS / AFP

Amazon conseille aux commerçants expédiant des produits entre le Royaume-Uni et l'UE via sa plateforme de constituer des stocks pour éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord.

Les interrogations autour du Brexit inquiètent à tous les niveaux, et les risques d'un "no deal" obligent les entreprises à anticiper. Amazon n'échappe pas à la règle: le géant du e-comemrce conseille ainsi aux commerçants expédiant des produits entre le Royaume-Uni et l'UE via sa plateforme de constituer des stocks pour éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord.

Amazon s'est adressé à ces vendeurs britanniques et européens dans un email envoyé cette semaine, expliquant qu'un divorce brutal entre Londres et Bruxelles «pourrait entraver temporairement le commerce transfrontalier»" selon la BBC.

Le mastodonte du commerce en ligne a donc conseillé à ces entreprises de stocker quatre semaines de produits d'avance dans les entrepôts que le groupe américain possède au Royaume-Uni et sur le continent. Jusqu'à présent, les entreprises britanniques proposant leurs produits sur Amazon entreposent en effet leurs stocks au Royaume-Uni avant que les biens soient expédiés partout en Europe, et vice-versa. Des dizaines de milliers d'entreprises basées au Royaume-Uni utiliseraient ainsi la plateforme américaine pour écouler leurs marchandises en Europe et dans le monde.

Amazon a toutefois souligné que les informations qu'il avait communiquées aux commerçants ne faisaient que reprendre des conseils formulés aux entreprises par les autorités britanniques elles-mêmes, dans l'hypothèse d'un Brexit abrupt et sans accord entre Londres et Bruxelles.

Les grandes entreprises constituent leurs stocks

De nombreuses entreprises présentes sur le sol britannique ont déjà commencé à constituer des stocks, de peur de connaître des problèmes d'approvisionnement en cas de Brexit sans accord. Un «no deal» qui entrainerait la réapparition de contrôles douaniers et autres problèmes administratifs. De grands noms de l'industrie ont déjà annoncé faire des stocks comme le numéro un des supermarchés Tesco, le détaillant en vins Majestic Wines, le motoriste Rolls-Royce, son homonyme constructeur de voitures de luxe, ou encore le fabricant de bolides Aston Martin.

Le milieu pharmaceutique n'est pas épargné: pour parer à toute éventualité, le Royaume-Uni a prévu de stocker des médicaments pour six semaines supplémentaires, en plus des trois mois de stocks actuels dont il dispose.

Après le rejet de l’accord sur la sortie de l’Union Européenne cette semaine, les parlementaires britanniques se prononceront le 29 janvier sur un «plan B» présenté par la Première ministre Theresa May. Un «plan B» qui sera dévoilé ce lundi et débattu pendant une journée avant d’être soumis au vote des députés.

Sandrine Serais avec AFP