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Chypre: le président de l'eurogroupe cible de critiques

Le président de l'eurogroupe et ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem à une conférence de presse à Bruxelles le 25 mars 2013.

Le président de l'eurogroupe et ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem à une conférence de presse à Bruxelles le 25 mars 2013. - -

Jeroen Dijsselbloem est revenu sur ses propos concernant le modèle que pourrait constituer à l'avenir le sauvetage de Chypre. Après avoir fait chuter euro et valeurs bancaires, lundi 25 mars, ces déclarations suscitent la critique.

Jeroen Dijsselbloem a "eu tort". C'est ce qu'a estimé Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne. "L'expérience de Chypre n'est pas un modèle pour le reste de la zone euro parce que la situation avait atteint une ampleur qui n'est comparable à aucun autre pays", a-t-il déclaré sur Europe 1, ce mardi 26 mars.

L'euro se reprenait un peu ce mardi matin, après avoir chuté à son plus bas niveau en quatre mois. En cause : les inquiétudes liées aux propos du président de l'eurogroupe avant son rétropédalage.

Jeroen Dijsselbloem a d'abord affirmé, lundi 25 mars, dans le Financial Times que le plan de Chypre pourrait faire école. Des propos qui ont inquiété les investisseurs. La plupart des Bourses européennes ont terminé dans le rouge. Du coup, il a dû rectifier le tir un peu plus tard.

Société Générale et Crédit Agricole

Vers 19 heures hier, Jeroen Dijsselbloem se fend d'un communiqué lapidaire : "Chypre est un cas spécifique". L'objectif du président de l'Eurogroupe est clair : rassurer les marchés après son interview un peu plus tôt à l'agence Reuters et au Financial Times. Car, il le sait bien : ce sont bien ces propos qui ont semé le trouble.

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"Le plan bancaire pour Chypre pourrait faire école", dit-il, "ce plan va marquer un virage radical dans la résolution des crises bancaires européennes". Fini donc le recours en premier lieu au Mécanisme européen de stabilité (MES), les banques doivent désormais se recapitaliser d'abord par elle mêmes, puis en appelant leurs actionnaires, et leurs créanciers. Les déposants seront ensuite mis à contribution.

Un scénario qui a fait baisser l'euro et plongé les valeurs bancaires : Crédit Agricole et Société Générale ont abandonné, hier, environ 6%. Avec ce rétropédalage un peu plus tard, le président de l'Eurogroupe veut restaurer le calme qui prévaut depuis plusieurs mois sur les marchés.

Alexis Pluyette et BFMbusiness.com