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Chômage : l’enjeu est l’ampleur de cette reprise

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20 500 chômeurs de moins. L’inversion de la courbe du chômage promise par le Président de la République serait bel et bien là, au moment même où il se montre prudent. En fait tous les indicateurs confirment la reprise de l’économie.

Depuis quelques mois, les statistiques du chômage paraissent contradictoires, d’autant plus qu’il y a eu en août les erreurs informatiques. Néanmoins, on voit bien que l’on est sur un palier. Une baisse de 20 500 demandeurs d’emploi est assez significative pour que l’on considère que la situation est en train de s’améliorer. Cela est conforme aux autres indicateurs notamment sur la croissance. L’Ocde anticipe une croissance de 0,9% l’année prochaine et 1,7% en 2015. Ce qui est surprenant, c’est que le Président qui s’était montré assez sûr de lui il y a six mois sur ses annonces reprise et d’inversion de la courbe du chômage est plutôt aujourd’hui sur un discours prudent et réservé. En fait, la vraie question n’est donc pas l’inversion de la courbe du chômage mais le niveau jusqu’où nous descendrons, ou autrement dit quelle sera l’ampleur de la reprise.

Quelle est la réponse à cette question ?

La tendance depuis une quarantaine d’années est à des reprises de moins en moins significatives. Avec comme conséquence qu’il y a un socle qui paraît incompressible de chômage qui est d’environ 2,5 millions de personnes. Pour descendre en dessous de ce niveau, il faut des réformes structurelles, c’est-à-dire une nouvelle approche du fonctionnement du marché du travail.

En fait il y a deux approches du problème des politiques de l’emploi.

Une approche à la française où l’Etat intervient en créant certains d’emplois. C’est le cas à l’heure actuelle avec les emplois d’avenir qui expliquent en partie pourquoi le chômage des jeunes a plutôt tendance à reculer. En revanche, le chômage des séniors continue à croître.

Et une approche à l’anglaise qui consiste au contraire à desengager l’Etat. Au Royaume-Uni, 400 000 emplois ont été supprimés dans la fonction publique depuis l’arrivée de Cameron tandis que l’on a baissé les impôts sur les bénéfices. Or le chômage y baisse beaucoup plus rapidement qu’en France. Le taux de taux de chômage anglais est de 7,7%, soit un niveau que nous n’avons pas atteint depuis les années 80.

En fait tout le monde en est d’accord : si on veut réduire le chômage durablement, il faut que les entreprises se remettent à embaucher. L’emploi public n’est pas la solution. En France on estime que le traitement social permet de gagner du temps. Au Royaume-Uni, on pense qu’il faut agir directement, voire brutalement pour redresser la situation.

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Le titre de l'encadré ici

|||>> Chômage, croyez-vous à une baisse durable ?

Jean-Marc Daniel