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Cette banque qui efface les dettes des plus pauvres

La Banque du Pirée propose également de geler certains prêts immobiliers.

La Banque du Pirée propose également de geler certains prêts immobiliers. - Louisa Gouliamaki - AFP

La Banque du Pirée, l'un des principaux établissements bancaires grecs, a annoncé jeudi qu’elle allait proposer à ses clients les plus en difficulté un effacement de leur dette sur des prêts à la consommation.

Voilà qui pourrait participer à restaurer l’image des banques. La Banque du Pirée, l'un des principaux établissements grecs, a annoncé jeudi vouloir participer à l'action de lutte contre la pauvreté du gouvernement de gauche radicale, en proposant à ses clients les plus en difficulté un effacement de leur dette sur des prêts à la consommation.

"Pour soulager ses clients endettés aux revenus très bas en raison de la crise", la banque lance "un programme de remise ou de restructuration" de leur dette dans le but de "lutter contre la crise humanitaire", a indiqué un communiqué de l'établissement.

Cette initiative va se traduire par "l'effacement de 100% des dettes jusqu'à 20.000 euros portant sur des prêts à la consommation et via des cartes de crédit", précise la banque.

Gel des prêts immobiliers

Elle propose aussi un "gel des prêts immobiliers et un effacement des intérêts" de ces prêts pour ces débiteurs en difficulté. Seront éligibles à ces mesures, les clients de la banque qui auront été inclus dans le nouveau programme d'aides sociales lancé par le gouvernement grec.

Ce programme, qui fut la première loi votée par la nouvelle majorité de gauche radicale, prévoit notamment des versements pour les plus pauvres d'aides alimentaire et au logement pour parer à "la crise humanitaire" née des six années de récession traversées par le pays. Les dossiers des postulants ont commencé à être reçus par les administrations cette semaine et les premiers versements sont prévus en juin.

Plusieurs dirigeants de banque ont quitté leur poste depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza, ce qui n'est pas le cas à la tête de la banque du Pirée. Les créances douteuses des banques grecques, correspondant aux prêts non remboursés depuis plus de 90 jours, représentent en moyenne 35% de leur portefeuille.

Y.D. avec AFP