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Ce qu'il faut retenir du "Grand oral" de Bruno Le Maire

Bruno Le Maire était l'invité de BFM Business mardi 27 septembre.

Bruno Le Maire était l'invité de BFM Business mardi 27 septembre. - Sebastien Bozon - AFP

Finances publiques, politique fiscale, emploi… Ce mardi 27 septembre, Bruno Le Maire a détaillé son programme économique, en direct sur BFM Business.

Alors que l’élection présidentielle se jouera en grande partie sur le terrain de l’économie, le programme des candidats à la primaire de la droite et du centre est particulièrement scruté.

C’est pourquoi BFM Business a invité ces derniers à passer leur grand oral. Ce mardi 27 septembre, c’est Bruno Le Maire qui a répondu pendant près d’une heure aux questions d’Hedwige Chevrillon et de ses intervenants.

Voici ce qu'il fallait en retenir:

Les économies dans la dépense publique

"Cela concerne d’abord les emplois publics. Prenez les emplois aidés: droite et gauche ont choisi un traitement social du chômage pendant des années. On a créé des millions d’emplois aidés, dont la Cour des comptes dit elle-même qu’ils sont une impasse. Moi, je les supprime, sauf pour ceux qui sont les plus fragiles (les personnes handicapées ou celles en situation d’insertion vraiment fragile). Ce sont 2 milliards d’euros d’économies".

La suppression de postes de fonctionnaires

"Je demanderai à chaque directeur d’administration centrale d’identifier les emplois publics pour réduire leur nombre. À charge pour lui de tenir son cap".

"Je propose la suppression du statut de la fonction publique territoriale. Car je considère qu’il ne correspond à aucun motif d’intérêt général, et qu’il va redonner de la souplesse aux maires."

La suppression de certaines allocations

"Il faut être transparent, je préfère annoncer la couleur aux Français. Je crois en la solidarité, mais je crois qu’on a été excessif dans les dépenses sociales. On ne peut plus se payer une allocation de rentrée scolaire qui ne va pas directement aux enfants mais qui profite aux parents car on ne sait pas bien la contrôler. On ne peut plus se payer une aide médicale d’État qui rembourse intégralement les soins des étrangers en situation irrégulière et qui coûte près d’un milliard d’euros par an".

Les nouvelles dépenses

"Je revendique d’investir dans l’État régalien. Je veux porter le budget des forces armées de 1,6% à 2% de la richesse nationale d’ici 2027. Je veux revenir aux effectifs de police et de gendarmerie de 2007, car je considère que c’était une erreur de réduire les effectifs. Je revendique aussi d’augmenter le budget de la justice, car celle-ci est dans un état que vous n’imaginez même pas".

Le déficit public

"Il n’est pas question de laisser filer les déficits. Mais honnêtement, rétablir l’équilibre en 5 ans, ça ne tient pas la route".

Le temps de travail des enseignants

"Je veux transformer en profondeur le système éducatif. Je demande des efforts aux professeurs du collège et du lycée. Aujourd’hui, un certifié travaille 15 heures par semaine devant les élèves – je sais bien qu’à côté, il prépare ses cours et que c’est bien plus lourd que ça-, un agrégé 18 heures par semaine. Le volume horaire passera à 20 heures devant les élèves. Ça va se passer de manière progressive, d’abord sur la base du volontariat".

La gestion des participations de l'État

"Oui, nous vendrons des participations des entreprises qui ne sont pas stratégiques. Je ne vois pas pourquoi l’État aurait une participation dans une entreprise automobile".

La gestion des syndicats

"Je crois au syndicalisme, qui défend les intérêts des salariés. Mais je n’aime pas le syndicalisme politique. Nous supprimerons les règles de représentativité des syndicats, qui datent de 1946".

La gouvernance par ordonnance

"La tyrannie des minorités que l’on a connue ces dernières années, à cause de laquelle on renégocie le contrat présidentiel, c’est fini. Les ordonnances permettent d’aller vite et de répondre à l’urgence sociale et économique".

La relance de l’emploi

"La fiscalité du capital, aussi bien pour les dividendes que les plus-values, sera ramenée à 25%. Sur les seuils sociaux: le seuil de 10 salariés sera facultatif. Le seuil de 50 sera repoussé à 250. Entre le 1er septembre 2017 et le 31 janvier 2018, toutes les entreprises de moins de 10 salariés seront exonérées de toutes charges patronales".

"Une entreprise pourra embaucher 20 heures par semaine pendant un an une personne très éloignée de l’emploi, en la payant en-dessous du Smic".

La relance de la croissance

"Il faut créer un environnement, mettre en place les réformes de structure sur lesquelles on recule depuis 30 ans. La réforme du marché du travail, la dégressivité des allocations chômage, la restructuration de notre système de retraites. En deuxième lieu, créer un environnement fiscal plus favorable: stabilité fiscale inscrite dans la Constitution, baisse de la CSG, etc."

La suppression de l’Ena

"Bien sûr, il faut supprimer l’Ena. Par souci de justice: on continuera de recruter les hauts fonctionnaires dans une école pour fonctionnaires, mais la grande différence, c’est qu’à la sortie, les élèves devront pendant 7 ou 8 ans apporter la preuve de leur engagement. Et seuls les plus méritants auront accès à une école d’application pour devenir ensuite les futurs dirigeants de l’État. Après tout, c’est ce qu’il se passe dans l’armée, quand vous sortez de Saint-Cyr, vous ne devenez pas général tout de suite! Le mérite pour les militaires s’appliquera aussi pour les hauts fonctionnaires".

Y.D