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Cannabis: la France prête à intégrer le club des 30 pays où son usage thérapeutique est autorisé 

Le feu vert des autorités à une expérimentation ne devrait plus tarder. Mais la France accuse beaucoup de retard dans ce domaine.

Faut-il autoriser l’usage thérapeutique du cannabis en France? Jeudi, en émettant un avis favorable à une expérimentation, l’agence du médicament a fait renaître un vieux serpent de mer. Pourtant, plus les années passent, et plus le "retard" de la France en la matière devient conséquent.

Car si la production, la vente et la consommation de marijuana qu'elle qu'en soit l'usage n’est légalisée que dans deux pays -l’Uruguay et le Canada- une trentaine d’autres autorisent sa consommation à visées médicales. Chez nos voisins, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie ou encore l’Espagne sont dans ce cas. Même des pays n’ayant pas spécialement une vision libérale de l’usage des stupéfiants ont franchi le pas, à l’instar de la Thaïlande le 25 décembre dernier.

Israël franchit le pas

L’enjeu est médical, bien sûr. Le cannabis thérapeutique permettrait d’atténuer certaines souffrances. Mais il est également financier. Israël, où l’usage médical est autorisé depuis une dizaine d’années, vient ainsi d’autoriser les exportations de cannabis issu des cultures locales. Selon les estimations de la Knesset, le gain pour l’État pourrait s’élever à 234 millions d’euros par an. Avant Israël, l’Australie avait déjà autorisé les exportations, afin d’offrir plus de débouchés à ses producteurs. Objectif: devenir un leader mondial du secteur.

Dans les pays où le cannabis à usage récréatif est autorisé, les entreprises du secteur sont en pleine santé. Les producteurs côtés en Bourse sont d’ailleurs parmi les seuls à résister à l’actuelle chute des marchés. Autres bénéficiaires: le fisc. Le Colorado peut en témoigner: en légalisant le cannabis en 2014, l’État américain s’était retrouvé un an plus tard avec un surplus de rentrées fiscales, si bien qu’une partie avait été redistribuée aux contribuables. Et au Canada, où la vente est légale depuis cet automne, l'Etat fédérale et les provinces s'attendent à récupérer l'équivalent d"un milliard d'euros par an.

Y.D.