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Budget: l'Europe octroie trois mois de délai à la France

La Commission européenne se montre une fois de plus clémente avec la France.

La Commission européenne se montre une fois de plus clémente avec la France. - Communauté européenne

Quand bien même la France ne respectera pas, cette année encore, son objectif de réduction de déficit, la Commission européenne a choisi de se montrer clémente, et lui accorde un nouveau délai jusqu'au mois de mars.

La France passe encore une fois entre les mailles du filet. L'Hexagone, qui a annoncé qu'il ne tiendrait pas les objectifs de déficit imposés par l'Europe en 2014, pas plus qu'en 2015, ne se fera pas taper sur les doigts par Bruxelles. La Commission européenne a annoncé ce 28 novembre qu'elle donnait jusqu'à mars à la France, ainsi qu'à l'Italie et la Belgique, dans la même situation, pour faire de nouveaux efforts budgétaire.

Son président, Jean-Claude Juncker, l'avait confirmé au Monde un peu plus tôt. "La France aura bien trois mois supplémentaires pour s'expliquer sur le sérieux de ses efforts budgétaires et les réformes visant à ramener son déficit à 3% du PIB", a-t-il déclaré dans entretien publié sur le site internet du Monde.

Il aurait été "facile" de sanctionner

L'exécutif européen a donc signalé à la France, l'Italie et la Belgique que leurs budgets 2015 risquaient d'enfreindre les règles européennes. Pour autant, alors que des sanctions sont prévues dans ces cas-là, elles ne seront pas activées.

Jean-Claude Juncker confirme avoir "fait le choix de ne pas sanctionner. Cela aurait été facile : on a des règles, on les applique et s'il y a une violation des règles, on impose une sanction", a dit le dirigeant luxembourgeois.

"J'ai fait un autre choix, celui de laisser les gouvernements s'expliquer eux-mêmes", dit-il encore, prévenant toutefois que l'Union européenne attend davantage d'efforts de la part de ces trois pays.

La France va prendre "un nombre important de mesures"

La France avait obtenu en 2013 un délai de deux ans pour ramener son déficit dans les clous des traités européens, la fameuse barre des 3% du PIB. Mais son projet de budget pour 2015 prévoit un nouveau dérapage à 4,3% et repousse l'objectif à 2017.

Jean-Claude Juncker, qui a pris ses fonctions au début du mois et a promis de mener une politique européenne équilibrée entre rigueur budgétaire et soutien à la croissance, dit avoir reçu des assurances françaises sur les réformes.

"Vous verrez que dans les mois qui viennent, la France et l'Italie prendront un nombre important de mesures. Il ne s'agit pas seulement de promesses", déclare-t-il. "J'ai insisté dans mes conversations avec les dirigeants j'en ai eu plusieurs ces six dernières semaines avec le président François Hollande et Matteo Renzi afin d'avoir un calendrier clair sur la politique qu'ils ont l'intention de mener : quand les réformes seront présentées en conseil des ministres, quand les Parlements seront supposés les adopter."

N.G. avec agences