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Bruno Le Maire: "Paris va devenir l'une des plus grandes places financières européennes"

À l'occasion des premiers "Rendez-vous de Bercy", le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, était au micro de BFM Business. Il s'est notamment félicité de la décision des 27 États-membres de confier à Paris le siège de l'Autorité bancaire européenne.

"Paris va devenir l'une des plus grandes places financières européennes. Si ce n'est la plus grande place financière européenne". À l'occasion des premiers "Rendez-vous de Bercy", Bruno Le Maire a répondu à BFM Business. Et il s'est réjoui que Paris ait été choisie pour accueillir l'Autorité bancaire européenne. Pour le ministre de l'Économie, "c'est un signal fort. Cela montre que la stabilité financière se jouera à Paris".

Par ailleurs, le ministre est revenu sur ce début de quinquennat. Il a rappelé que les premières décisions concernaient le budget et le rétablissement des comptes publics. Le gouvernement s'est également attaqué aux transformations du marché du travail et à la fiscalité des entreprises. "Il faut que nos entreprises soient plus profitables. Il faut que la fiscalité du capital soit plus légère", a-t-il déclaré. Et Bruno Le Maire a ajouté: "L'an prochain, on aura une loi sur la transformation des entreprises qui visera à faire grandir nos PME qui sont aujourd'hui trop petites". Selon lui, "il faut transformer notre tissu économique national pour qu'il soit plus puissant avec des entreprises plus grandes qui puissent exporter vers des marchés où il y a de la croissance".

Plus précisément sur les "Rendez-vous de Bercy", des rencontres auxquelles participent des personnalités comme la commissaire européenne Margrethe Vestager ou l'économiste Jean Tirole, Bruno Le Maire affirme qu'il souhaite que "Bercy soit une maison ouverte (...) un lieu d'échanges, de débats".

"Les inégalités sont inacceptables moralement"

Lors de son discours d'ouverture, le ministre de l'Économie a déclaré: "Les inégalités sont inacceptables moralement. Elles sont stupides économiquement. C'est bien pour ça qu'il faut les combattre, au nom de l'idée que nous nous faisons d'une nation et au nom de l'intérêt économique également".

"Les bouleversements technologiques créent des inégalités au sein des sociétés entre ceux qui sont les plus riches et ceux qui n'arrivent pas à suivre le mouvement parce qu'ils n'ont pas la formation, la qualification, parce qu'ils ne sont pas nés au bon endroit", a-t-il expliqué lors de cette journée consacrée aux "ruptures technologiques".

Pour Bruno Le Maire, ces "inégalités peuvent conduire progressivement à l'écrasement de la classe moyenne". Or, à ses yeux, "il n'y a pas de nation possible sans une classe moyenne solide qui sait que ses enfants réussiront mieux que les parents". Et il a ajouté: "Nous sommes déterminés à faire du combat contre les inégalités un grand combat français et un grand combat européen. Nous sommes convaincus que seul le continent européen a aujourd'hui la possibilité de porter ce combat, parce que c'est au cœur des valeurs européennes", a déclaré le ministre.

D. L. et A.M. avec AFP