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Berlin minimise les propos d'Angela Merkel sur la BCE

Angela Merkel a estimé que la BCE doit relever ses taux si elle ne s'en tient qu'au cas de l'économie allemande

Angela Merkel a estimé que la BCE doit relever ses taux si elle ne s'en tient qu'au cas de l'économie allemande - -

Le gouvernement allemand a assuré, ce vendredi 26 mars, que la chancelière allemande ne veut pas remettre en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne. Jeudi, elle avait estimé que l'institution devrait augmenter ses taux directeurs pour l'Allemagne.

Angela Merkel a-t-elle parlé un peu trop vite sur la Banque centrale européenne (BCE)? Le gouvernement allemand a, en tout cas, jugé bon de mettre les points sur les "i", ce vendredi 26 mars: en aucun cas, la chancelière allemande ne souhaite remettre en cause l'indépendance de l'institution dirigée par Mario Draghi.

Le doute a surgi, après des déclarations de la dirigeante allemande, jeudi, qui suivaient un congrès des caisses d'épargne allemandes. Angela Merkel avait alors estimé que la BCE était "dans une situation difficile". "Dans le fond, elle devrait probablement relever un peu ses taux pour l'Allemagne, mais pour les autres pays, elle aurait en fait besoin d'agir un peu plus pour s'assurer que les entreprises ont accès au financement", a-t-elle estimé.

Ces propos ont pu sonner comme des recommandations vis-vis à de l'institution européenne, alors que l'Allemagne est connue pour être farouchement attachée à l'indépendance de la BCE.

Angela Merkel a "brisé un tabou"

"Il n'y a aucune raison de penser que la chancelière voulait s'adresser à la BCE", a ainsi précisé lors d'un point de presse du gouvernement Steffen Seibert.

Angela Merkel a simplement "expliqué qu'il y avait des intérêts très divergents à prendre en compte" en zone euro, et qu'il y avait "un clivage" dans la zone monétaire, a-t-il ajouté.

Il n'en reste pas moins que pour les analystes et pour la presse allemande la chancelière s'est "immiscée dans la politique monétaire de la BCE" (Frankfurter Allgemeine Zeitung) et a "brisé un tabou" (Süddeutsche Zeitung).

C'est oublier que le ministre des Finances, Wolfgange Schaüble, avait déjà exprimé des propos qui vont dans ce sens. Le 19 avril, il avait estimé qu'il y avait "a beaucoup d'argent sur le marché, selon moi, trop d'argent" et qu'il saluerait une action de la BCE qui viserait à réduire en partie cette abondance de liquidités.Certes, il ne faisait pas directement référence à une baisse des taux directeurs.

La Banque centrale européenne doit tenir, jeudi 2 mai, sa prochaine réunion de politique monétaire. Depuis plusieurs jours, les marchés tablent sur une baisse de ses taux directeurs, de 0,75 à 0,50%.

"Dans la mesure où, lors de sa dernière réunion, la BCE s'est dite prête à agir, cela serait une grande déception si elle n'annonce rien lors de sa prochaine réunion", estime ainsi les économistes de Capital Economics.

Julien Marion avec AFP