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BCE : Mario Draghi défend le rachat de dette souveraine

Le projet de Mario Draghi, visant à réactiver le programme de rachat de la dette souveraine, est très critiqué en Allemagne.

Le projet de Mario Draghi, visant à réactiver le programme de rachat de la dette souveraine, est très critiqué en Allemagne. - -

Dans une tribune publiée en Allemagne, mercredi 29 août, le président de la BCE défend sa décision de réactiver le programme de rachats d’obligations publiques afin d’apaiser les tensions de la zone euro. Une position très critiquée par Berlin.

Mario Draghi n’est pas coutumier des sorties dans les médias et réserve, en général, ses déclarations aux conférences de presse de son institution. Ce mercredi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a pourtant signé une tribune publiée en Allemagne par l’hebdomadaire Die Zeit. A travers cette intervention, il s’est employé à défendre son projet de réactiver le programme de rachats d’obligations d’Etat pour faire face à l’aggravation de la crise de la dette dans la zone euro. Une stratégie qu’il devrait faire adopter, le 6 septembre, par le Conseil des gouverneurs de la BCE.

Dans cette tribune, Mario Draghi affirme que la politique monétaire "nécessite parfois des mesures exceptionnelles", tout en rappelant que la BCE "agira toujours dans les limites de son mandat". Il ajoute que l’institution "va rester indépendante" et qu’elle "fera le nécessaire pour assurer la stabilité des prix".

Rassurer en Allemagne et avertir les Etats en difficulté

Le message vise donc à rassurer les contribuables allemands qui sont nombreux à craindre de devoir payer, in fine, la facture du rachat massif des obligations émises par les Etats en difficulté. Bien que soutenue par la chancelière Angela Merkel, la stratégie de lutte anti-crise de Mario Draghi suscite de vives critiques à Berlin. Lundi, le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, est allé jusqu’à assimiler le programme de rachat à une "drogue" qui peut rendre les Etats "accros".

Mais l’intervention de Mario Draghi ne s’adresse pas uniquement à l’Allemagne. Marie Diron, économiste pour le cabinet de conseil Ernst & Young, estime que le message s'adresse aussi aux pays en difficulté de la zone euro. Quand Mario Draghi parle du rôle de la BCE tel qu'il est défini dans les traités, il leur rappelle selon elle qu'"il n'y aura pas de rachats d'obligations souveraines illimités et sans conditions".

Arthur de Laborde-Noguez