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Axelle Lemaire: "Les start-up ont payé les abus de Carlos Ghosn"

Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique.

Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique. - Thimothy A. Clary - AFP

Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique, était l'invitée de BFM Business. Elle est revenue sur le durcissement de la fiscalité des plus-values réalisées sur les actions gratuites.

"Les start-up ont payé les abus de Carlos Ghosn", le patron de Renault, dans le récent débat sur le durcissement de la fiscalité des plus-values réalisées sur les actions gratuites. C'est ce qu'a affirmé la secrétaire d'État au Numérique Axelle Lemaire, au micro de BFM Business.

Contre l'avis du gouvernement, les députés ont modifié en première lecture le 16 décembre la fiscalité avantageuse dont bénéficie la distribution d'actions gratuites depuis la loi Macron de 2015.

"J'étais contre le fait qu'on touche à ce régime", a rappelé Axelle Lemaire. "Plus que n'importe quelle autre entreprise, ce dont les start-up ont besoin c'est de stabilité", a-t-elle justifié. Mais "l'erreur initiale" a été "d'ouvrir ce dispositif (prévu dans la loi Macron) à la totalité des cadres dirigeants, des conseils d'administration. On a attendu quelques mois et on a vu les abus", a remarqué la secrétaire d'État. "Il ne faut pas s'étonner si le public et les parlementaires aient envie de réagir vis-à-vis de ça. Les start-up ont payé les abus de Carlos Ghosn, c'est la vérité", a-t-elle déploré.

Protestations au sein du patronat

Les députés cherchaient notamment à éviter que les actions gratuites ne permettent d'alléger la fiscalité sur les rémunérations des dirigeants de grandes entreprises, comme ce fut le cas pour celle de Carlos Ghosn chez Renault, à l'origine de la polémique.

Cela avait entraîné des protestations au sein du patronat, notamment chez des patrons de start-up qui s'en servent comme mode de rémunération pour attirer des cadres chez eux. Le gouvernement est finalement parvenu à un compromis en limitant le durcissement de la fiscalité des plus-values réalisées sur les actions gratuites aux plus hautes rémunérations.

Renault a par ailleurs récemment fixé la date de son assemblée générale annuelle en juin, contre avril habituellement. Selon le quotidien Les Échos, c'est une manière "d'éviter d'interférer avec l'élection présidentielle" alors que Carlos Ghosn "entretient des relations fraîches avec l'État (actionnaire, ndlr) et que les polémiques autour de sa rémunération sont récurrentes".

D. L. avec AFP