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Axelle Lemaire: "je veux que Google paie ses taxes"

Axelle Lemaire était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal ce 11 mars.

Axelle Lemaire était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal ce 11 mars. - BFM Business

La secrétaire d'Etat au numérique, était l'invité du Grand Journal ce mercredi sur BFM Business. Elle y a évoqué la loi sur le numérique et la taxation de Google, Apple et autres.

La loi numérique et la réforme de la fiscalité des grands groupes du secteur, ce n'est pas pour tout de suite. Invitée dans le Grand Journal d'Hedwige Chevrillon ce mercredi, la secrétaire d'Etat au Numérique, Axelle Lemaire, a évoqué ces deux dossiers majeurs de son mandat.

Sur la loi numérique, la ministre se borne à assurer qu'"elle est en cours. Il y a dix cabinets ministériels qui travaillent dessus". D'ailleurs, "le travail interministériel se fait bien", assure-t-elle.

Le Premier ministre a lancé l'année dernière une grande concertation numérique. La secrétaire d'Etat affirme avoir reçu "4.000 contributions" sur ce thème. "C’est la première fois que l’on fait cela", se félicite-t-elle.

Mais concernant la naissance de cette loi, "il faut prendre le temps de bien faire les choses", estime-t-elle. "La loi verra le jour d’ici la fin de l’année", a-t-elle indiqué. Pas parce que la loi ne sera pas écrite d'ici là, mais à cause du calendrier législatif: "si le parlement examine les textes en cours, il en a encore jusqu'à juillet". Donc son projet de loi devra être examiné à l'automne. "J’espère septembre 2015", indique Axelle Lemaire.

Les lobbies du numérique "à côté de la plaque"

La culture numérique, c'est Fleur Pellerin qui s'en occupe. La fiscalité du numérique, c'est Bercy qui s'en occupe. Le sujet du numérique ne mérite-t-il pas un ministère fort, qui gère le sujet de A à Z? "Si on me le donne, je ne le refuserai pas", s'amuse la secrétaire d'Etat.

Plus sérieusement, son bureau est dans le ministère de l'Economie, "deux étages en-dessus, ce n'est pas très compliqué de se voir pour discuter de ces sujets". Son rôle à elle: "celui de porter la parole politique, de donner l'impulsion quand il faut secouer la machine".

L'autre dossier majeur de la secrétaire d'Etat est la question de l'imposition des grands groupes du numérique. France Stratégie a formulé lundi des propositions pour contrer les stratégies d'optimisation fiscale de Google, Apple, Amazon et consorts. Deux lobbies du numérique ont contre-attaqué mardi. L'Asic et l'IAB (Association des services internet communautaires et nteractive Advertising Bureau), presque menaçantes, ont mis en garde la France contre les conséquences de taxer ces groupes: "la récession numérique". 

Pour la secrétaire d'Etat, ces groupes sont "à côté de la plaque". Elle condamne des "mots très forts. J’aurais aimé que l’on puisse dialoguer avant cette attaque brutale". Quant à leurs reproches, elle ne les prend pas pour elle: "ils n’ont pas été consultés? Qu’ils s’adressent aux auteurs du rapport. C’est une attaque déplacée. Il est trop facile de dire que la France est un pays qui veut taxer. Ce que je veux, c’est que Google paye ses taxes. D’où l’intérêt des travaux de recherche. La création de la valeur se fait par les usagers, pas par des entreprises basées en Irlande. Il faut que l’impôt se paie là où le revenu est créé".

P.S. et N.G.