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Athènes vers une nouvelle cure d'austérité, les marchés soulagés

La Grèce prépare de nouvelles mesures d'austérité qui lui permettront d'obtenir un plan d'aide d'urgence de plusieurs milliards d'euros lui évitant de faire défaut sur sa dette, ce qui a soulagé les marchés financiers jeudi mais suscite la colère des synd

La Grèce prépare de nouvelles mesures d'austérité qui lui permettront d'obtenir un plan d'aide d'urgence de plusieurs milliards d'euros lui évitant de faire défaut sur sa dette, ce qui a soulagé les marchés financiers jeudi mais suscite la colère des synd - -

par Lefteris Papadimas et Dina Kyriakidou ATHENES - La Grèce prépare de nouvelles mesures d'austérité qui lui permettront d'obtenir un plan d'aide...

par Lefteris Papadimas et Dina Kyriakidou

ATHENES (Reuters) - La Grèce prépare de nouvelles mesures d'austérité qui lui permettront d'obtenir un plan d'aide d'urgence de plusieurs milliards d'euros lui évitant de faire défaut sur sa dette, ce qui a soulagé les marchés financiers jeudi mais suscite la colère des syndicats.

Selon des responsables syndicaux, le Fonds monétaire international a demandé à Athènes de relever la fiscalité sur la consommation, de supprimer les primes équivalant à deux mois de salaires dans le secteur public et d'accepter un gel des salaires sur trois ans.

"Ils (le FMI et l'UE) veulent que la Grèce réduise son déficit de dix points de pourcentage en 2010 et 2011 afin que la Grèce puisse revenir et emprunter sur les marchés au cours de la troisième année du programme", a déclaré à Reuters un responsable syndical sous le sceau de l'anonymat.

Le ministre des Affaires sociales Andreas Loverdos a évoqué une réforme des retraites dans un entretien au Financial Times.

"Le calendrier pour les mesures concernant les retraites est en cours de débat. Mais il n'y a pas beaucoup de marge de manoeuvre. Il s'agit de sauver le pays de l'effondrement", a déclaré le ministre dans l'édition de vendredi du FT.

L'âge moyen de la retraite passerait de 53 ans à 67 ans.

Des responsables du FMI, de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne sont à Athènes pour négocier le sauvetage. La conclusion d'un accord semble être une question de jours. Il s'agit d'éviter que la crise de la dette grecque ne fasse tache d'huile et mette en difficultés d'autres pays fragiles de la zone euro.

PAPANDRÉOU : "UNE PASSERELLE SOLIDE"

Selon des hommes politique allemands, le plan d'aide à la Grèce pourrait se monter à 100-120 milliards d'euros sur trois ans. Le plan original prévoyait 45 milliards d'euros pour l'année 2010.

"Les mesures immédiates d'urgence seront une passerelle solide pour aller vers de grands changements, assurer la vie de tous les citoyens et avoir une croissance dynamique dans une société plus juste", a déclaré le Premier ministre grec George Papandréou. "Nous ferons tout ce qu'il faudra pour sauver le pays."

De source proche des négociations, on indique que les détails du plan d'aide sur trois ans devraient être dévoilés lundi, mettant fin à des mois d'incertitude. Cela a suffi pour déclencher une forte hausse de soulagement sur les marchés.

La Bourse d'Athènes a rebondi de plus de 7% jeudi, tandis que l'indice des bancaires bondissait de plus de 13%. Les Bourses européennes ont monté à l'unisson.

L'écart de rendement entre les emprunts grecs et allemand s'est réduit à 750 points de base après avoir dépassé un moment 1.000 points mercredi.

L'Allemagne a exprimé de fortes réserves à une aide à la Grèce qu'elle estime avoir été laxiste en matière financière. Berlin monnaie durement son soutien en exigeant d'importantes mesures de rigueur.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré jeudi qu'il n'existait aucune alternative à l'octroi d'une aide à la Grèce pour protéger l'euro. "Nous devons en passer par là. Nous ne défendons pas la Grèce, nous défendons la stabilité de la devise", a-t-il fait valoir.

"Nous voulons limiter la crise à la Grèce", a renchéri le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle.

APPELS À LA GRÈVE

De Chine, le président français Nicolas Sarkozy a quant à lui dénoncé les attaques spéculatives menées contre l'euro, tout en assurant de la parfaite entente existant entre la France et l'Allemagne.

Selon certains économistes, si la défiance restait de mise sur les marchés après un sauvetage de la Grèce qui serait jugé non crédible, les pays de la zone euro pourraient devoir sauver d'autres pays et se retrouver avec une addition de 500 milliards d'euros.

Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat ADEDY du secteur public a rencontré le premier ministre pour discuter du plan de sauvetage.

"Nous réalisons que nous sommes mis devant le fait accompli", a-t-il déclaré. "Cela va être un lourd fardeau pour les gens, et, ce qui est pire, de façon injuste."

Les syndicats ont appelé à une série de grèves dans les jours qui viennent.

La police a utilisé jeudi des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui protestaient contre les mesures d'austérité devant le ministère grec des Finances.

"C'est une catastrophe ! Le gouvernement a franchi la ligne jaune", juge Despina Spanou, membre du conseil du syndicat ADEDY de la fonction publique. "Nous ne pouvons vivre de cette manière. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour combattre ces mesures, parce que c'est une bataille pour notre survie."

Danielle Rouquié pour le service français, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, Marc Angrand et Nicolas Delame