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Assurance chômage : le patronat quitte les négociations

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En cause, la volonté forte du gouvernement d’instaurer un « bonus-malus » sur les contrats courts, un dispositif que le patronat rejette en bloc.

Le patronat met la pression sur le gouvernement. Le Medef, ainsi que la CPME (représentant les PME) et l'U2P (artisans, commerçants, professions libérales) ont décidé de se retirer provisoirement des négociations autour du futur de l’assurance chômage.

Les organisations patronales ont ainsi voulu signifier (à nouveau) leur rejet en bloc du dispositif « bonus-malus » sur les contrats de travail courts voulu par le gouvernement et dont la mise en place a été reconfirmée par Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec des citoyens dans la Drôme la semaine dernière.

« Tous les efforts menés par les négociateurs pour déprécariser les contrats courts ont ainsi été balayés d'un revers de main », a réagi la confédération des petites et moyennes entreprises, trois jours avant une nouvelle séance de négociation.

« Dans ces conditions (le Medef) indique ne pas être « en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux ».

Démarrée en novembre, la négociation doit prendre fin le 20 février après avoir été prolongée de deux séances, syndicats et patronat échouant notamment à se mettre d'accord sur un mécanisme qui réduirait le recours excessif aux contrats courts.

Propositions alternatives

Rappelons qu’en 20 ans, les CDD de moins d'un mois ont été multipliés par 2,5, soit une source de précarité et un surcoût de deux milliards d'euros pour l'Unedic qui gère l'assurance chômage. Les syndicats de travailleurs exigent un encadrement plus strict de ces contrats.

Le système de bonus-malus consiste à moduler les cotisations chômage de l'employeur en fonction du taux de rupture de contrats de travail. L'idée est de faire varier la cotisation patronale à l'assurance chômage, actuellement de 4,05%, en fonction du taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi, promesse présidentielle soutenue par les syndicats.

Mais pour Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, un tel système risque de « détruire des CDD et des emplois intérimaires sans pour autant créer de CDI ».

Le 23 janvier, à l'occasion d'une séance de négociation, les trois organisations patronales ont présenté une série de propositions alternatives (suppression des délais de carence, assouplissement du renouvellement des contrats courts, priorité à l'embauche des travailleurs précaires) pour réguler les contrats courts. Propositions qui visiblement n’ont convaincu ni le gouvernement, ni les syndicats.

Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, avait prévenu tôt lundi que « le patronat portera(it) la responsabilité de l'échec" de la négociation sur la réforme de l'assurance chômage s'il persistait à refuser tout mécanisme de bonus-malus ».

la rédaction