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Après trois mois de recul, le secteur privé français se redresse en juin

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- - AFP

Pour la première fois depuis quatre mois, l'indice PMI d'IHS Markit repasse au-dessus de la barre des 50 points, qui signale une expansion de l'activité.

L'activité semble bien accélérer à la suite du déconfinement. Après les chiffres de l'Insee, le cabinet IHS Markit confirme cette tendance avec la publication de son indice PMI de juin.

L'indice composite d'activité globale dans le secteur privé s'est redressé à 51,3, contre 32,1 en mai. Un indice au-dessus de 50 marque une expansion (par rapport au mois précédent) alors qu'une valeur en dessous de cette limite indique une contraction de l'activité. Il s'agit d'un plus haut en quatre mois.

Précisément, l’indice flash de l’activité de services s’est redressé à 50,3 en juin (31,1 en mai), plus haut de quatre mois tandis que l’indice flash de la production manufacturière se hisse à 55,5 en juin (36,3 en mai), plus haut de vingt-huit mois. L’indice PMI flash de l’industrie manufacturière s’est redressé à 52,1 en juin (40,6 en mai), plus haut de vingt-et-un mois.

Perspectives orientées à la hausse

"Le faible niveau de la demande, malgré la réouverture de nombreuses entreprises, se reflète dans un nouveau repli du volume global des nouvelles commandes en juin", nuance néanmoins IHS.

Il a "conduit les entreprises du secteur privé français à réduire de nouveau leurs effectifs en juin. Le taux de contraction de l’emploi s’est toutefois replié pour un deuxième mois consécutif, affichant ainsi son plus faible niveau depuis mars", peut-on lire.

Enfin, les perspectives d’activité se sont orientées à la hausse en juin, les entreprises se déclarant optimistes quant à une croissance de leur activité au cours des douze prochains mois. La confiance s’inscrit ainsi en territoire positif pour la première fois depuis février.

La France fait mieux que la zone euro

"Les dernières données PMI suggèrent enfin l’amorce d’une reprise de l’économie française alors que le pic de l’épidémie de coronavirus a maintenant été dépassé. Le nouvel assouplissement des mesures de confinement a permis un retour à une normalité relative, de nombreuses entreprises et leurs employés ayant maintenant repris leurs activités, notamment dans le secteur manufacturier. À moins d’un deuxième pic de contagion sur le territoire, la demande devrait, dans le sillage de l’activité, renouer avec la croissance à mesure que la confiance se rétablit. Au vu du maintien des restrictions transfrontalières encore appliquées par de nombreux pays, la faiblesse de la demande internationale risque toutefois de persister, et la reprise devrait principalement reposer, à court terme, sur le marché intérieur", commente Eliot Kerr, économiste à IHS Markit.

Avec un composite de 51,3, la France fait mieux que la zone euro où l'indice se redresse à 47,5 points (31,9 en mai), un plus haut de quatre mois également. "Si le PIB de la région a très certainement enregistré un recul sans précédent au deuxième trimestre 2020, le redressement de l’indice PMI au mois de juin laisse espérer l’amorce d’une reprise économique au cours de l’été, favorisée par la levée progressive des mesures de confinement", souligne Chris Williamson, chief business economist à IHS Markit.

Néanmoins, le cabinet table toujours sur une baisse annuelle du PIB en zone euro de 8% en 2020, "et bien que l’amorce d’une reprise soit possible au troisième trimestre, le rythme de la croissance pourrait rapidement s’essouffler. Trois ans pourraient alors s’écouler avant que la zone euro ne retrouve le niveau de PIB atteint avant le début de la pandémie."

Olivier Chicheportiche