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Après le Medef, Parisot n'exclut pas "s'engager en politique ou diriger une grande entreprise"

Laurence Parisot veut "rester dans le débat public"

Laurence Parisot veut "rester dans le débat public" - -

Mercredi 3 juillet, Laurence Parisot va quitter la présidence du Medef. Elle a annoncé ce dimanche 30 juin sur Europe 1, vouloire "rester dans le débat public"

Laurence Parisot "n'exclut rien". La présidente du Medef a indiqué, ce dimanche 30 juin sur Europe 1 lors du Grand Rendez-Vous, qu'elle souhaitait "rester dans le débat public", après son départ de la présidence du Medef, en disant ne pouvoir exclure de s'engager en politique et en laissant entendre que la direction d'une grande entreprise pourrait l'intéresser.

"Il y a beaucoup de possibles. J'essaierai de m'investir au service de tous", a-t-elle ajouté.

Parisot quitte mercredi 3 juillet la présidence de la principale organisation patronale, qu'elle a dirigée huit ans.

Interrogée sur le fait qu'elle puisse s'imaginer à l'UMP ou comme "énième vice-présidente de l'UMP", elle a répondu "non, surtout pas. Je suis prête à m'engager à partir du moment où il s'agit de faire un travail constructif, déterminé, positif. Mais je ne sais pas avec qui et je ne sais pas quand".

Avec le parti socialiste ? "Non, non plus...", a répondu Laurence Parisot, en ajoutant: "et si une forme de recomposition se faisait ? Il y a un ajustement économique important qui est en train de se faire dans notre pays. Peut-être que nous arriverons vers un ajustement politique aussi".

Des choses à faire dans le domaine de l'énergie

Laurence Parisot a dit croire que "dans les deux années qui viennent, le système politique français va évoluer".

Elle retrouvera prochainement le Conseil économique, social et environnemental (CESE), "un lieu beaucoup plus intéressant que l'on ne croit", dont elle était membre avant son accession à la présidence du Medef.

Quant à savoir si elle accepterait de diriger une grande entreprise privée, Laurence Parisot n'a pas répondu à la question mais a lancé: "Ecoutez, il y a un certain nombre de choses qu'il faut faire, notamment dans le domaine de l'énergie. L'histoire économique démontre que ce qui permet la croissance, c'est le bon mix énergétique".

Elle a plaidé pour la création d'une entreprise qui "n'existe pas encore" et "qui permettra notamment d'exploiter le gaz de schiste dans notre pays", même s'il y a déjà "de grands opérateurs français".

"C'est incroyable de passer à côté de cette richesse qui est peut-être là sous nos pieds. C'est une erreur incroyable", a répété Laurence Parisot.

Report de l'âge légal de la retraite à 63 ans

Par ailleurs, lors de cet entretien, Laurence Parisot, a prôné une réforme des retraites ambitieuse incluant un recul de l'âge légal de départ à 63 ans, bien que le pouvoir exécutif ait écarté un tel scénario.

"Il faut penser autrement notre système de retraites parce que le déficit dérive d'une manière tout à fait préoccupante. Entre maintenant et 2020, nous allons avoir un déficit cumulé sur l'ensemble des régimes de retraite de 200 milliards d'euros", a-t-elle dit.

"La réforme de 2010 était insuffisante. Nous avions à l'époque préconisé de passer à un âge légal (de départ) d'au moins 63 ans", a-t-elle rappelé.

Interrogée sur le caractère réaliste ou non d'un big bang des retraites, elle a répondu: "Si on continue comme ça, tous ceux qui ont moins de 35 ans aujourd'hui verront leurs retraites à un niveau 20 à 30% inférieur à ceux qui sont actuellement en retraite et en plus, tous les autres devront payer par des réductions de salaire, que je ne peux même pas chiffrer".

Selon Laurence Parisot, "il faut accepter de travailler plus longtemps".

Diane Lacaze avec AFP