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Amiens : Goodyear pourrait fermer son usine, 1 250 emplois menacés

Manifestation de salariés devant l'usine Goodyear d'Amiens en 2008, alors déjà menacée par un plan social

Manifestation de salariés devant l'usine Goodyear d'Amiens en 2008, alors déjà menacée par un plan social - -

La direction de Goodyear Dunlop France pourrait annoncer la fermeture de son usine d'Amiens-Nord, dans la Somme, au plus tard fin 2014, selon les services de Matignon. 1 250 salariés sont menacés.

La direction de Goodyear Dunlop France pourrait annoncer lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 31 janvier la fermeture, au plus tard fin 2014, de son usine d'Amiens-Nord, dans la Somme, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale. 1 250 salariés sont menacés, et pourraient venir gonfler encore la liste des suppressions d'emplois dans la filière automobile en France.
De son côté, la direction du groupe américain n'a pas confirmé cette information, renvoyant au CE du 31 janvier, mais Matignon dit s'attendre à cette annonce. « Nous avons été informés du risque de fermeture prochaine du site », dit-on dans l'entourage du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Marc Jonet, délégué CFE-CGC, a appelé François Hollande à intervenir pour éviter la fermeture. Pendant sa campagne présidentielle, le candidat Hollande avait apporté son soutien aux salariés de Goodyear. Selon le journal Le Monde, une réunion s'est tenue mardi à Matignon sur le sujet.

« Une très mauvaise nouvelle pour la France »

Arnaud Montebourg indique suivre de près la situation de Goodyear à Amiens : « Nous suivons ce dossier, c'est une très mauvaise nouvelle pour la France, nous cherchons à y remédier depuis plusieurs mois », a déclaré le ministre du Redressement productif, interrogé vendredi sur le sort de l'usine lors d'un déplacement à Toulouse.
Selon Le Monde, l'arrêt de l'activité concerne « la fabrication de pneus pour voitures de tourisme, soit environ la moitié de l'effectif, ce qui n'est pas une surprise, la direction cherchant, depuis 2008, à s'en débarrasser ». Mais la décision affecterait également « la production des pneus pour engins agricoles, alors que la direction avait, jusqu'à présent, assuré qu'elle la conserverait tant qu'il n'y aurait pas de repreneur ».

50 euros de pertes par pneu produit

« L'usine produit des pneus touristiques qui ne se vendent pas parce qu'ils ne correspondent pas à la demande du marché, et ce depuis longtemps », selon une source proche du dossier qui évoque des pertes annuelles pour le site d'environ 50 millions d'euros, « soit 50 euros par pneumatique produit ».
En septembre 2012, la direction de Goodyear avait annoncé le retrait d'un projet de plan de départs volontaires sans licenciements contraints, faute d'accord avec les syndicats, au terme de 8 mois de discussions. Un plan social visant à mettre un terme à l'activité de pneus tourisme à l'usine Goodyear d'Amiens-Nord avait été plusieurs fois invalidé par la justice.
Début janvier, la CGT a alerté que la direction était en train de préparer un nouveau plan social.

Série noire pour le secteur automobile

L'annonce d'une possible fermeture du site d'Amiens intervient dans un climat morose pour l'industrie automobile française, qui subit la crise de plein fouet. Les deux grands constructeurs français rencontrent des difficultés qui se répercutent sur toute la filière.
En juillet 2012, PSA Peugeot-Citroën avait d'abord annoncé la suppression de 8 000 postes et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.
A son tour, Renault vient d'annoncer un plan qui prévoit la suppression nette de 7 500 postes d'ici 2016, soit plus de 15% des effectifs français de la marque au losange.
A la fin du mois d'octobre dernier, la direction de Goodyear avait attribué à la crise européenne une chute de rentabilité de 23% au troisième trimestre.

Alexandre Le Mer avec agences