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Alstom-Siemens: "La coopération franco-allemande est une chance", affirme Pénicaud

Muriel Pénicaud, ministre du Travail.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail. - Europe 1

Le groupe français a confirmé des "discussions en cours" avec le conglomérat allemand. Si la ministre du Travail n'a pas voulu donner son point de vue, elle estime que la coopération franco-allemande est une chance.

Le rapprochement entre Alstom et Siemens est sur toutes les lèvres. Le groupe français a confirmé des "discussions en cours" avec le conglomérat allemand sur "un possible rapprochement" dans le secteur ferroviaire. "Alstom confirme l'existence de discussions avec Siemens relatives à un possible rapprochement entre Alstom et la division Mobility de Siemens", a indiqué dans un communiqué le groupe français, qui souligne qu'"aucune décision n'a été prise". Ce projet avorté en 2015, lorsqu'Alstom s'était uni à l'américain General Electric, fait son retour, alors que le conglomérat allemand Siemens négocie depuis des mois avec le canadien Bombardier.

"Je pense qu'on a besoin d'une consolidation dans le secteur ferroviaire" face à la montée en puissance d'entreprises en Chine, a réagi vendredi soir la ministre des Transports Elisabeth Borne, interrogée sur France Info, estimant "qu'une consolidation serait une très bonne chose". Ce dimanche, lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/Les Echos/CNews, la ministre du Travail a déclaré: "Je n'interviens pas dans un sujet qui est en cours de discussion". Mais elle a précisé: "C'est ensemble qu'on réussira l'Europe. La coopération franco-allemande est une chance".

"Un investissement sans précédent dans les compétences"

Outre ce dossier industrie, la ministre du Travail a évidemment été interrogée sur la réforme du code du travail. Et elle a voulu insister particulièrement sur les jeunes. Muriel Pénicaud rappelle que "nous sommes dans une reprise de la croissance" et qu'il est donc important de se concentrer sur la formation des jeunes.

Demain, lundi 25 septembre, Édouard Philippe va présenter son grand plan d'investissement de 50 milliards d'euros dont 15 seront consacrés pour la formation professionnelle. "C'est un investissement sans précédent dans les compétences", affirme la ministre du Travail. Pour Muriel Pénicaud, le vrai point fort de ce plan est "la stratégie sur 5 ans qui va notamment permettre d'identifier les métiers en tension".

Routiers: tenir compte des spécificités de ce domaine

Le transport routier est "un vrai sujet qui n'est pas né hier avec les ordonnances" réformant le code du travail, a déclaré Mme Pénicaud lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/Les Échos/CNews, soulignant que "la majorité des salariés travaillent dans des toutes petites entreprises" et que "c'est un secteur très concurrentiel".

La ministre des Transports "Élisabeth Borne a commencé à recevoir les syndicats, elle va les recevoir dans les jours qui viennent, car il y a des spécificités dans ce domaine et il faut effectivement (en) tenir compte", a ajouté la ministre du Travail. "Il est clair qu'il faut regarder la situation dans les transports, ça ne se fait pas du jour au lendemain, ça demande des discussions plus approfondies", a-t-elle estimé, assurant que "le dialogue est ouvert". "Je pense qu'il y a des sujets qu'on peut regarder".

Elle a estimé que "le premier sujet concerne beaucoup moins les ordonnances que la directive détachée", assurant que "le volet transport va être un sujet de débat important" dans ce domaine. Les routiers lancent lundi à l'aube un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail, sur fond de revendications catégorielles. Parmi leurs sujets d'inquiétudes figure la directive européenne sur le détachement, en cours de révision.

"Je suis extrêmement confiante"

Interrogée sur l'affaire Business France, la ministre du Travail a affirmé qu'elle était "extrêmement sereine, confiante". Pourtant, selon une information du JDD, une ancienne collaboratrice de Muriel Pénicaud assure que sa supérieure de l'époque était "informée de tout".

Ce dossier, devenu politique, est lié à l'organisation, en janvier 2016, d'une soirée de promotion de la France à Las Vegas (Nevada) autour d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie. Malgré son coût élevé - près de 290.000 euros après renégociation - l'organisation de l'événement avait été confiée à l'agence de communication Havas sans appel d'offres spécifique par Business France, organisme public dirigé à l'époque par Muriel Pénicaud.

"J'ai été choquée"

Par ailleurs, lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/Les Echos/CNews, Muriel Pénicaud a jugé "indignes et honteux" les propos sur les nazis tenus la veille par Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation de La France insoumise contre la réforme du code du travail.

"J'ai été choquée", a déclaré la ministre du Travail, en réaction aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon qui avait affirmé que "c'est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE...". Et elle a ajouté: "Les Français, on ne les berne pas avec trois slogans".

D. L.