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Alstom-Siemens: l'État veut un mariage entre égaux

Alstom et Siemens devraient officialiser la fusion de leurs activités ferroviaires.

Alstom et Siemens devraient officialiser la fusion de leurs activités ferroviaires. - Sébastien Bozon - AFP

Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, a rappelé que l'État veillait au grain pour le mariage entre les groupes français et allemand.

L'État français veillera à ce que le rapprochement en négociations entre le groupe Alstom et les activités ferroviaires de l'allemand Siemens aboutisse à "un mariage entre égaux", a assuré mardi Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie. "L'État s'est déjà assuré qu'un certain nombre de garanties, notamment en termes d'emploi et de gouvernance, seront inscrites dans les termes de l'accord", a ajouté Benjamin Griveaux, interrogé à l'Assemblée nationale.

Alstom et Siemens devraient officialiser mardi la fusion de leurs activités ferroviaires qui passeraient sous le contrôle du groupe allemand, une perspective qui suscite l'inquiétude pour l'emploi en France et la perte du contrôle d'un fleuron de l'industrie française.

CRRC "est aujourd'hui plus gros qu'Alstom, Siemens et Bombardier réunis"

"Dans l'hypothèse d'un rapprochement, l'État veillera à une chose: que ce mariage soit un mariage entre égaux, la valorisation respective des deux entreprises étant très proche", a déclaré le secrétaire d'État. "Le marché de la construction et de la signalisation ferroviaire est en phase de consolidation", a-t-il souligné évoquant l'émergence du géant chinois CRRC, né en 2014 de la fusion de deux groupes chinois.

CRRC "est aujourd'hui plus gros qu'Alstom, que Siemens et que le canadien Bombardier réunis", a-t-il rappelé. "La prochaine étape de l'expansion de ce groupe chinois est vraisemblablement continentale, où CRRC pourrait s'appuyer sur l'acquisition d'un constructeur européen", a ajouté Benjamin Griveaux pour justifier le nécessaire rapprochement entre les deux groupes européens.

Si l'alliance entre Alstom et les activités de Siemens se concrétise, elle donnera naissance au numéro deux mondial - en volume - pour le matériel ferroviaire roulant, et au numéro un pour la signalisation, selon Bercy. L'État français détient 20% des droits de vote d'Alstom et a deux sièges au conseil d'administration. 

D. L. avec AFP