BFM Business

Alstom: le gouvernement maintient qu'il ignorait la décision de fermer Belfort

Plusieurs députés de droite et du centre affirmaient avoir alerté le gouvernement sur la situation d'Alstom

Plusieurs députés de droite et du centre affirmaient avoir alerté le gouvernement sur la situation d'Alstom - Sébastien Bozon - AFP

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a assuré que l'exécutif n'était pas au courant de la décision d'Alstom quant à l'avenir de son site belfortain.

"L'information" sur la fermeture du site de Belfort d'Alstom "n'a pas été donnée au gouvernement", même si "chacun avait parfaitement conscience des difficultés" du groupe. Voilà ce qu'a déclaré ce mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

"Chacun avait parfaitement conscience des difficultés que pouvait rencontrer Alstom sur la production de locomotives en France mais, sur la fermeture du site de Belfort, aucune information n'avait été mise à l'information du gouvernement sur cette fermeture", a déclaré Stéphane Le Foll lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

Pas de réunion du conseil d'administration

"Tout le monde était parfaitement au courant des difficultés sur les appels d'offres, en particulier dans le ferroviaire, pour Alstom. Mais je rappelle qu'il n'y a même pas eu de réunion du conseil d'administration et que l'annonce de la fermeture du site de Belfort a été faite sans aucune présentation en conseil d'administration, où il y a une représentation de l'État", a insisté le porte-parole, alors que plusieurs parlementaires de l'opposition affirment avoir alerté le gouvernement et l'Élysée.

Le gouvernement a engagé des discussions tous azimuts sur l'avenir du site d'Alstom à Belfort, menacé d'un transfert massif d'activité, pour tenter de trouver au plus vite une solution à un dossier empoisonné à huit mois de la présidentielle.

"Les objectifs sont clairs. (Le secrétaire d'État à l'Industrie) Christophe Sirugue l'a indiqué. Il y a dix jours pour trouver des solutions pour la pérennisation de l'activité au site de Belfort", a rappelé Stéphane Le Foll.

Pour Montebourg le gouvernement "savait"

Depuis l'acquisition par l'État de 20% d'Alstom, deux hauts fonctionnaires siègent au conseil d'administration. Des "gens sérieux, que je connais (...) Ils savaient et ont dûment informé leur ministre, et donc le président de la République et le Premier ministre, des menaces qui planaient sur Belfort", a déclaré l'ancien ministre Arnaud Montebourg juste avant une rencontre avec des syndicats à Belfort.

J.M. avec AFP