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Airbus va payer 81 millions pour mettre fin à l'enquête allemande sur Eurofighter

Airbus est visé par plusieurs enquêtes pour corruption présumée autour de la vente de 18 avions de combat Eurofighter à l'Autriche en 2003.

Airbus est visé par plusieurs enquêtes pour corruption présumée autour de la vente de 18 avions de combat Eurofighter à l'Autriche en 2003. - Reuters - Lisi Niesner

L'avionneur, accusé de corruption dans la vente de 18 avions de combat à l'Autriche, a accepté de payer 81 millions d'euros pour mettre fin à l'enquête d'un tribunal allemand sur l'affaire.

La justice allemande a annoncé ce vendredi avoir infligé une amende de 81,25 millions d'euros à l'avionneur européen Airbus dans une affaire de corruption présumée autour de la vente de 18 avions de combat Eurofighter à l'Autriche en 2003. L'amende, "acceptée par l'entreprise", clôt ainsi l'enquête menée par le parquet de Munich en Allemagne sur ce dossier, indique ce dernier dans un communiqué.

"Le résultat des investigations du Parquet de Munich, qui durait depuis 2012, n'a pas confirmé les allégations de corruption", a réagi l'avionneur dans un communiqué séparé.

Airbus loué pour sa coopération

Si les enquêteurs n'ont trouvé aucune preuve tangible de pots de vins visant à assurer l'attribution du contrat à l'entreprise, le ministère public estime toutefois qu'Airbus a failli à son devoir de surveillance en autorisant l'ancienne direction à procéder à des paiements de plusieurs millions d'euros liés au contrat et ce "à des fins non clarifiées".

Le Parquet a parallèlement loué la compagnie pour sa coopération dans l'enquête et la mise en place "de règles de compliance", qui "laissent des raisons de penser que de tels événements ne se reproduiront plus à l'avenir".

En octobre, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel rapportait que les enquêteurs bavarois avaient mis au jour les manoeuvres "d'un département parisien" d'Airbus pour créer "des sociétés écrans" autour de son ancienne filiale de maintenance aéronautique qui aurait permis de verser des pots de vin à des décideurs autrichiens.

D'autres enquêtes en cours en Europe

Si l'affaire s'arrête là en Allemagne, Airbus reste visé par une série d'enquêtes en Europe dans des affaires de corruption. En Autriche, Tom Enders, le PDG du groupe, est nommément visé par l'enquête sur le même contrat controversé. En 2003, il dirigeait la branche défense du groupe EADS, devenu Airbus Group depuis janvier 2014.

Airbus fait par ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier en France concernant des soupçons de corruption dans les activités d'aviation civile au Royaume-Uni, où une enquête est également en cours.

En août 2016, l'organe britannique chargé de la lutte contre la corruption, le Serious Fraud Office, avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour des soupçons de fraude, de pots-de-vin et de corruption, des "allégations (qui) portent sur des irrégularités concernant des consultants tiers", selon l'organisme.

N.G. avec AFP