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Accord franco-allemand sur un mécanisme d'aide à la Grèce

La France et l'Allemagne se sont accordées sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce, qui devait être entériné dans la soirée par les chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro. L'accord franco-allemand a été scellé lors d'une rencontre

La France et l'Allemagne se sont accordées sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce, qui devait être entériné dans la soirée par les chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro. L'accord franco-allemand a été scellé lors d'une rencontre - -

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry BRUXELLES - La France et l'Allemagne se sont accordées sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce, qui devait...

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - La France et l'Allemagne se sont accordées sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce, qui devait être entériné dans la soirée par les chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro.

Ce "cadre européen" prévoit, en cas de "difficultés très sérieuses", l'émission de prêts bilatéraux par les pays de la zone euro selon la clef de répartition de chaque Etat dans la Banque centrale européenne, a précisé la délégation française.

Selon l'Elysée, ils seront complétés par le Fonds monétaire international mais le financement européen restera majoritaire.

L'accord franco-allemand - un texte d'une page et demie - a été scellé lors d'une rencontre bilatérale entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy, avant le début du Conseil européen, à Bruxelles.

"Il décrit très précisément les conditions dans lesquelles les pays de la zone euro pourraient être amenés à intervenir" pour aider la Grèce ou tout autre Etat de la zone dans la même situation, précise-t-on de même source.

Ce dispositif sera assorti de taux d'intérêt non subventionnés. Les déboursements seront soumis à conditions, sur la base de rapports de la Commission européenne et de la BCE.

Selon un responsable allemand, l'Eurogroupe devra statuer à l'unanimité sur le déclenchement du mécanisme, qui n'interviendra que "s'il n'y a pas d'autres solutions".

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont également voulu dépasser le cas grec et étendre leur réflexion au renforcement de la gouvernance économique de la zone euro.

"Ils souhaitent que l'Eurogroupe appelle à un renforcement de la gouvernance conduisant à un gouvernement économique", a précisé la délégation française.

CONCESSIONS FRANÇAISES

Pour la chancelière allemande et le président français, ce gouvernement économique devra réfléchir à tous les instruments permettant de prévenir les risques économiques et budgétaires pouvant conduire à des situations comme celle de la Grèce.

Ils souhaitent que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présente dans un rapport, avant fin 2010, "toutes les options possibles pour permettre ce renforcement des instruments de prévention et aussi de sanction".

La mention de sanctions est une concession de la France, de même que l'acceptation d'un rôle du FMI autre que technique.

Angela Merkel, très attachée au strict respect des règles de contrôle budgétaire de la zone euro, est restée inflexible.

Confrontée à l'hostilité d'une majorité d'Allemands et de ses partenaires libéraux-démocrates présents dans sa coalition gouvernementale à tout mécanisme de soutien, elle doit en outre faire face le 9 mai à de délicates élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

En échange de son soutien à un mécanisme d'aide, elle avait posé trois conditions : un rôle central pour le FMI, pas de déclenchement du mécanisme tant que la Grèce parvient à se refinancer sur les marchés, réécriture des règles européennes.

Elle semble avoir obtenu gain de cause sur toute la ligne.

Officiellement, le conseil européen de jeudi et vendredi doit porter sur l'économie et le changement climatique.

Le président stable du conseil européen, Herman Van Rompuy, souhaitait que le dossier grec ne perturbe pas l'ordre du jour du sommet. Selon un porte-parole du gouvernement grec, les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro devait donc se réunir à 19h30.

L'EURO ET LES SPREADS HÉSITANTS

Les modalités techniques du mécanisme d'aide dessiné par la France et l'Allemagne seront précisées dans les prochains jours, selon la délégation française.

Le volume de l'aide ne devrait pas être détaillé lors de cette réunion au sommet de l'Eurogroupe mais, selon des sources haut placées à la Commission, une enveloppe globale de 20 à 22 milliards d'euros est envisagée, participation du FMI comprise.

Sur les marchés, l'euro, qui avait regagné un peu de terrain sur le dollar, est cependant retombé à un plus bas d'1,3280 dollar. La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque à 10 ans plutôt que des Bunds allemands est restée autour de 320 points de base.

Jeudi matin, la BCE avait annoncé le prolongement jusqu'en 2011 de l'assouplissement des seuils d'acceptation des obligations prises comme collatéral lors des opérations de refinancement.

"C'est la contribution de la BCE à la résolution de la crise grecque", a dit Laurent Bilke, économiste de Nomura.

La Grèce devra refinancer quelque 16 milliards d'euros de dettes entre le 20 avril et le 23 mai.

Edité par Nicolas Delame