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Accord de la zone euro sur la Grèce,

Les dirigeants de l'Union européenne lors d'un sommet à Bruxelles. A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la zone euro se sont mis d'accord sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce reposant sur des prêts bilatéraux émis par les pays

Les dirigeants de l'Union européenne lors d'un sommet à Bruxelles. A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la zone euro se sont mis d'accord sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce reposant sur des prêts bilatéraux émis par les pays - -

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry BRUXELLES - A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la zone euro se sont mis d'accord jeudi...

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - A l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la zone euro se sont mis d'accord jeudi sur un mécanisme européen d'aide à la Grèce reposant sur des prêts bilatéraux émis par les pays utilisant la monnaie unique et par le Fonds monétaire international.

Ce "cadre européen", qui n'a pu aboutir qu'après de longues négociations et à l'issue d'un ultime tête-à-tête de près de deux heures entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, a été jugé "pleinement acceptable" par le Premier ministre grec, George Papandréou.

Le texte d'une page et demie sur lequel se sont mis d'accord les dirigeants des 16 pays partageant la monnaie unique ne comprend aucun chiffre mais, de sources européennes, on indique que l'enveloppe totale serait de 20 à 22 milliards d'euros, dont au moins un tiers à la charge du FMI, selon Nicolas Sarkozy.

A la demande expresse de l'Allemagne, le dispositif ne pourra être déclenché qu'après un vote unanime de l'Eurogroupe, ce qui permettra à Berlin de disposer d'un véto, et sous des conditions strictes uniquement.

Lors d'une conférence de presse à l'issue de la première journée du sommet, le président français a précisé qu'Athènes ne pourra recevoir cette aide qu'en cas d'échec d'une émission de dette ou si les "spreads" - l'écart de rendement entre la dette grecque et la dette allemande - atteignent un niveau trop élevé.

Selon ce mécanisme, les pays de la zone euro se répartiront les prêts au prorata de leur part au capital de la Banque centrale européenne (BCE) et les taux d'intérêts seront "non-concessionnels", c'est à dire sans aucune subvention.

Enfin, le dispositif interviendra "en complément du financement du Fonds monétaire international" mais une "majorité" du financement sera européen et, a précisé Nicolas Sarkozy, aucune limite n'a été fixée.

TRICHET SATISFAIT

Les dirigeants de la zone euro ont insisté tour à tour jeudi soir sur le fait que cet accord était de nature préventive mais qu'il était suffisamment précis pour être opérationnel et activé rapidement en cas de besoin.

"Je suis confiant dans le fait que le mécanisme décidé aujourd'hui n'aura normalement pas à être activé et que la Grèce va progressivement regagner la confiance des marchés", a déclaré le président de la BCE, Jean-Claude Trichet.

Quelques heures après avoir critiqué dans une interview télévisée un mécanisme mixte impliquant la zone euro et le FMI (voir ), il s'est dit satisfait de cet accord qui "préserve la responsabilité des gouvernements de la zone euro".

Ces critiques avaient envoyé l'euro à un plus bas depuis mai 2009, sous 1,3280 dollar, après avoir enregistré des gains sur le dollar en cours de journée.

La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque à dix ans plutôt que des Bunds allemands est restée autour de 320 points de base.

Jeudi matin, l'annonce par Jean-Claude Trichet du prolongement jusqu'en 2011 de l'assouplissement des seuils d'acceptation des obligations prises comme collatéral lors des opérations de refinancement (voir ), avait pourtant permis de détendre la situation.

"C'est la contribution de la BCE à la résolution de la crise grecque", a commenté Laurent Bilke, économiste chez Nomura.

La Grèce devra refinancer quelque 16 milliards d'euros de dettes entre le 20 avril et le 23 mai.

CONCESSION DE LA FRANCE

Egalement à l'invitation d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, les pays membres de l'Eurogroupe ont dit vouloir aller au delà du cas grec en étendant leur réflexion au renforcement de la gouvernance économique de la zone euro.

"La situation actuelle démontre le besoin de renforcer et de compléter le cadre existant pour assurer la soutenabilité budgétaire dans la zone euro et de renforcer sa capacité à agir en temps de crise", est-il indiqué dans le texte agréé.

Une réforme du pacte européen de stabilité et de croissance est évoquée et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a par ailleurs été chargé de créer un groupe de travail avec des représentants des Etats membres et de la BCE, afin de faire des propositions en ce sens avant la fin de l'année.

"La formulation que nous avons retenue laisse ouverte toutes les possibilités (...) On pourrait imaginer une suspension des droits de vote (à l'Eurogroupe), des choses de cette nature. Aujourd'hui, clairement, l'arsenal n'est pas adapté", a expliqué Nicolas Sarkozy.

La référence à des sanctions est cependant une concession de la France à Angela Merkel, très attachée au strict respect des règles de contrôle budgétaire de la zone euro.

En échange de son soutien à un mécanisme d'aide, elle avait posé trois conditions : un rôle central pour le FMI, pas de déclenchement du mécanisme tant que la Grèce parvient à se refinancer sur les marchés, réécriture des règles européennes.

Elle semble avoir obtenu gain de cause sur toute la ligne.

Edité par Pierre Sérisier