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35 heures: à peine arrivé, Emmanuel Macron relance le débat

Emmanuel Macron est favorable à l'assouplissement des 35 heures qui ont été mis en place dans les années 2000.

Emmanuel Macron est favorable à l'assouplissement des 35 heures qui ont été mis en place dans les années 2000. - Daniel Janin - AFP

Pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, ce n'est "pas une bonne idée". En revanche, Pierre Gattaz, président du Medef, a rappelé le besoin "d'adapter le modèle social d'après-guerre".

A peine arrivé et déjà en pleine polémique. Emmanuel Macron, nouveau ministre de l'Economie, a estimé dans un entretien donné au Point lundi - avant donc qu'il soit nommé ministre - et publié ce jeudi, qu'il était favorable à un assouplissement des 35 heures. Pour le nouveau ministre de l'Economie, une telle mesure permettrait de "sortir de ce piège où l'accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas". Une idée qui fait polémique.

Pas à l'ordre du jour

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a estimé jeudi matin sur Europe 1 que déroger aux 35 heures n'était "pas une bonne idée".

"Ceci étant, il y a une négociation qui va s'ouvrir autour du dialogue social (en septembre), qu'il nous laisse discuter avec l'entreprise", a dit le numéro un de la confédération, qui a validé la plupart des réformes sociales mises en place depuis l'élection de François Hollande (loi de sécurisation de l'emploi, retraites, formation...). Déroger aux 35 heures, cependant, "ce n'est pas à l'ordre du jour", a insisté Laurent Berger.

Pas de précipitation

Pour l'Unsa (Union nationale des syndicats autonomes), "l'horaire légal de travail à 35 heures est une référence qu'il est hors de question de remettre en cause".

"Des sujets aussi importants et sensibles que le temps de travail ou les rémunérations valent autre chose que des propos à l'emporte-pièce".

Ne rien faire risque d'augmenter le chômage

En revanche, pour le patron des patrons, "si une entreprise a besoin de travailler 40 heures, il faut le faire". Au micro de France Culture, Pierre Gattaz a rappelé la nécessité selon lui "d'adapter" et de "simplifier" un modèle social adopté "après la guerre".

"Si on ne rediscute pas de beaucoup de choses, on risque d'augmenter le chômage", a ajouté Pierre Gattaz, au lendemain de la publication de nouveaux chiffres record de 3,4 millions de demandeurs d'emplois au mois de juillet.

Le BTP partisan d'une évolution

Ce serait une bonne nouvelles pour Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment, partisan d'une telle mesure dans son secteur. Le BTP "n'est pas une industrie cadencée, explique-t-il. On ne sait jamais comment va se passer la journée de travail. Avoir de la souplesse sur les horaires pour répondre à un aléa de chantier serait très important. Ce serait efficace pour la croissance et l'emploi dans notre secteur". 

Des contreparties pour les classes moyennes

Carole Couvert de la CFE-CGC, a prévenu sur BFM Business que son syndicat, partisan ni du "blocage" ni du "dogmatisme", est prêt à aborder le sujet, mais "avec des réserves". Il faudra que "les efforts soient partagés entre les salariés, les entreprises et aussi les actionnaires (…) Nous serons extrêmement vigilants à ce que, si assouplissement des 35 heures il y a, il y ait des mesures de pouvoir d'achat pour les classes moyennes en contrepartie". 

Pas à l'ordre du jour

Néanmoins, Matignon a tout de suite annoncé que le gouvernement "n'a pas l'intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures". La modification "éventuelle" des accords sur le temps de travail "relève de discussions entre partenaires sociaux".

De son coté, Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, a démenti sur i>TELE une quelconque remise en cause des 35 heures par le gouvernement. "Il n'y a pas de projet de remise en cause des 35 heures" de travail par semaine, a-t-il assuré.

"Il y a en revanche une volonté de développer la négociation sociale dans les entreprises. La négociation sur la défense de l'emploi, sur l'aménagement du temps de travail, sur les seuils sociaux, mais pas de remettre en cause la durée légale du travail".

D. L. avec agences, N.G.