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23 aéroports du nord de la France fermés jusqu'à samedi midi

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PARIS - Vingt-trois aéroports du nord de la France, dont les trois aéroports franciliens, resteront fermés jusqu'à samedi 12h00 en raison de la...

PARIS (Reuters) - Le trafic aérien risque d'être encore très perturbé ce samedi en France, une partie des aéroports du nord du pays restant fermés à cause du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande.

A quelques heures d'un nouveau chassé-croisé des vacances de printemps, déjà affecté par une grève à la SNCF, de nombreux vols ont également été annulés dans le sud de la France, à Lyon et à Marseille ainsi qu'à Nice.

"On n'a pas connu de telle situation dans l'aviation civile depuis les attentats du 11 septembre 2001", a estimé un porte-parole de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

L'organisme a prolongé la fermeture de vingt aéroports situés au nord d'une ligne Bretagne-Alsace jusqu'à samedi matin 08h00.

Pour les trois aéroports d'Ile-de-France - Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget - les atterrissages sont autorisés vendredi jusqu'à 18h00 ainsi que "quelques exceptions très limitées" de décollage, précise un communiqué.

A la mi-journée, la DGAC évoquait 1.400 annulations de vols en France depuis jeudi et plus de 120.000 passagers bloqués.

Une paralysie du trafic aérien en raison d'une éruption volcanique, "c'est déjà arrivé en Asie, au Japon ou aux Philippines, mais pour nous, c'est une première", a commenté le porte-parole de l'organisme.

A l'instar de toute l'Europe continentale, l'éruption du volcan islandais sème la pagaille en France depuis jeudi.

"La remise en marche de la machine globale ne se fera pas de manière instantanée", a prévenu le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, sur Europe 1.

PAS DE DANGER POUR LA SANTÉ POUR L'INSTANT

Le directeur de la DGAC, Patrick Gandil, a également évoqué une "désorganisation" qui pourrait durer.

La DGAC et Air France ont de nouveau appelé les voyageurs à ne pas se rendre dans les aéroports fermés.

De nombreux voyageurs, dont certains avaient opté pour l'avion en raison de la grève à la SNCF, ont passé la nuit de jeudi à vendredi dans les aérogares dans l'espoir d'une reprise du trafic.

"Ce n'est agréable pour personne en ce vendredi de départs en vacances mais en même temps nous devons protéger les passagers", a fait valoir la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse sur LCI.

A l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry, qui n'a pas été fermé, 146 vols ont été annulés dans la matinée, a-t-on appris auprès de la direction. A Marseille, une centaine de vols ont été annulés vendredi à destination de Paris, Londres, Lille, Bruxelles, Genève ou encore Tunis.

La zone de précaution définie par le centre londonien de veille volcanique s'est étendue jeudi au nord de l'espace aérien français, ce qui a conduit les autorités à fermer 23 aéroports.

Les cendres volcaniques rejetées par le volcan islandais contiennent des particules de verre et de roche pulvérisée qui peuvent endommager les moteurs et le fuselage des appareils.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on ne peut pas exclure que ce nuage pose des problèmes aux personnes souffrant de difficultés respiratoires.

Dans un communiqué, la Direction générale de la Santé (DGS) française souligne cependant que "la haute altitude et la dispersion du nuage de cendres évitent un impact sanitaire significatif actuellement".

"En fonction de l'évolution de la situation et si cela s'avère nécessaire, des recommandations sanitaires seront émises", souligne la DGS.

"Toute diffusion de particules n'est pas une très bonne nouvelle pour le corps et pour les poumons mais il n'y a pas de risque massif", a dit de son côté Jean-Louis Borloo.

Le nuage va créer "une fine couche de protection par rapport au soleil et un très provisoire refroidissement pour quelques semaines".

Service France, édité par Sophie Louet