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Des masques "made in France" pour mieux se protéger contre le coronavirus

Quatre sociétés françaises commercialisent des masques de protection innovants et haut de gamme, tant dans leur capacité à mieux filtrer l'air extérieur que par leur durabilité ou leur filtre interchangeable. Un modèle offre même la transparence du visage.

Quelques jeunes sociétés françaises ont profité de la crise sanitaire pour investir le créneau du masque de protection "innovant" et haut de gamme. Tout en mettant en avant le label "made in France", ces entreprises plaident la durabilité ou l'éco-responsabilité ou encore des capacités élevées de filtration (ou un mélange de ces caractéristiques) pour se distinguer du tout venant des masques jetables ou lavables grand public.

La start-up Civility, créée par Pierre Blondon, a conçu pendant le confinement, avec plusieurs designers étrangers et une quinzaine d'ingénieurs français, un masque dont la caractérique le plus visible est d'être transparent tout en offrant le niveau de protection élevé de type FPP2.

Vendu entre 35 et 150 euros

Fabriqué à Angoulême (Charente), il dispose d'une coque transparente en PET-G, un plastique recyclable, et, sur les côtés, de deux cartouches filtrantes. Mais cette innovation a un coût: entre 35 et 150 euros le masque selon la gamme. Ce masque 100%, dont le développement a été au départ autofinancé par la start-up, est en pré-commande sur la plateforme de financement participatif Indiegogo.

La certification de la Direction générale de l'armement

De son côté, Mask Generation a mis au point un masque de protection antipollution aux propriétés ultra-filtrantes.  Son produit, baptisé le Mask français et fabriqué dans l'Hexagone, se compose d'un tissu préfiltrant lavable en machine et de filtres amovibles et échangeables. Il prétend faire barrage aux virus comme aux particules fines (liée à la pollution), offrant un niveau de protection élevé qui a reçu la certification de la direction technique de la Direction générale de l'armement (DGA), fin mars 2020.

Un masque connecté à une appli mobile

La start-up R-Pur, également spécialiste des masques antipollution, commercialise un produit qui filtre les micro-particules, le pollen et les virus, bien entendu. Ce modèle haut de gamme, conçu à la base pour la protection des conducteurs de deux-roues, possède à l'intérieur un cerclage en mousse à mémoire de forme pour mieux épouser le visage qui le porte. Ce produit est connecté à un smartphone et à une application mobile qui indique notamment quand il convient de changer le filtre. Très sollicitée, la start-up a dû temporairement mettre en veille son site internet de vente en ligne, le temps de refaire ses stocks.

Enfin, Michelin, avec le renfort du CEA (commissariat à l'énergie atomique) et de PME de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a mis au point un masque dont l'ossature est réutilisable jusqu’à 100 fois grâce à ses cinq filtres lavables et interchangeables. Vendu 28 euros, et baptis Ocov, il est destiné aux professionnels mais une offre grand public est en préparation pour fin juin.

Frédéric Bergé