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Covid-19: à Nice, une situation déjà "dramatique" pour les locations saisonnières

Nice

Nice - Christophe Simon

Depuis le début des vacances, les réservations de locations saisonnières restent au plus bas à Nice et aux alentours.

C'est avec résignation que les acteurs du tourisme ont accueilli ce lundi l'annonce d'un confinement du littoral des Alpes-Maritimes les deux prochains week-ends. Face à la flamblée de l'épidémie de Covid-19, de nouvelles restrictions sanitaires ont en effet été décidées ce lundi dans le département. Un nouveau coup porté à un secteur qui pèse 15% de l'économie de la Côte-d'Azur (contre 7,4% à l'échelle nationale) et 75.000 emplois.

A l'aube des vacances d'hiver le 6 février, le maire de Nice, Christian Estrosi, avait déjà annoncé l'interdiction par arrêté des locations saisonnières dans la ville pendant deux semaines. Bien que retoquée par le Conseil d'Etat la semaine dernière, cette décision a eu des conséquences immédiates pour les loueurs d'hébergement confrontés à des annulations en cascade.

La situation est dramatique parce que le maire de la ville crie haut et fort depuis mi-janvier de ne pas venir sur la Côte-d'Azur", déplore Lucienne Giulian, présidente de l'Union des Professionnels de la Location Touristique (UPLT) et gérante de l'agence Riviera Holiday Homes qui n'enregistre actuellement que "5% de réservations". Et "les hôtels subissent comme nous aujourd'hui, on est dans le même bateau".

Si elle reconnaît que les acteurs du tourisme "n'auraient de toutes façons pas fait de miracles" en cette saison, Lucienne Giulian regrette que "le peu qu'on aurait pu faire" a été anéanti par les décisions récentes du maire de la ville. D'autant plus qu'avec la fermeture des remontées mécaniques, "on aurait pu bénéficier cette année d'un report de clientèle de la montagne sur la mer", conclut-elle.

Un secteur à l'agonie

Avec 11 millions de voyageurs accueillis en 2019, la Côte-d'Azur dépend largement du secteur du tourisme, à l'image de sa capitale, Nice, deuxième ville touristique de France, également affectée par l'absence de touristes d'affaires et par l'annulation des congrès, salons professionnels et autres séminaires.

Conséquence directe de la crise sanitaire, 80% des hôtels de luxe de la région sont actuellement fermés et le taux de remplissage dépasse à peine les 35%. En outre, le trafic aérien a l'aéroport Nice-Côte-d'Azur est en chute libre (-68,4% sur un an) tandis que les croisières, qui font débarquer chaque année 870.000 voyageurs, ont été interrompues.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco